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Commentaire de Resh sur Polémique Orelsan : "Il y a eu des pressions", le retour de l'ordre moral ? - Agoravox TV

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Commentaire de Resh

sur Polémique Orelsan : "Il y a eu des pressions", le retour de l'ordre moral ?


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Resh (---.---.104.109) 14 juillet 2009 00:53

Orelsan aucune autodérision.... Comme d’habitude dans les parages, les gens adorent parler sans connaitre ni comprendre... Sauf que là, manque de bol, l’autodérision et l’autocritique, c’est justement ce qui fait tout le style d’Orelsan. Je suis fatigué de ce débat, alors je vais plutôt renvoyer vers un article de quelqu’un qui contrairement à vous sait de quoi il parle : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/orlesan-outrage-selectif/

Extraits choisis :

"Au fond, cette chanson n’est rien d’autre qu’une farce tragique qui doit être prise comme telle ; une bonne dose d’humour dégueulasse, une violente rupture amoureuse en travers du cœur et pas mal d’autodérision de la part de l’auteur. C’est aussi ça, la chanson. Poésie fleurie et beaux sentiments ne constituent pas l’unique dimension valable. Ce qui est en jeu ici, c’est aussi le droit au mauvais goût, à la fiction, la caricature, l’ironie."

"Or, « Sale pute » n’est pas la réalité d’Orel ni celle qu’il prône, mais une fiction sur-jouée qui met en scène le passage de l’amour à la haine d’un beauf alcoolisé ruiné par la passion, exactement comme dans un théâtre grec, micro, baskets et argot en plus : « Je voulais symboliser ce changement brutal, évoquer les violences conjugales, le fait que l’alcool n’y arrange rien », explique le rappeur. « Au final, ce pourrait être le départ de vrais débats autour de ces sujets, mais ce n’est pas l’auteur qu’il faut attaquer. Ce n’est pas moi, Aurélien Cotentin, qui ait dit qu’il fallait frapper les femmes ! ».

Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt, dit le proverbe."

"Attaquer ce rappeur pour défendre la cause des femmes est trop simple, maladroit et hors contexte. D’autant que cette chanson qui dépeint les morales masculines les plus atroces dégomme dans le même temps mille titres de R’n’B à succès qui chroniquent ruptures et amours bêtas bien traditionnels. Et qui, eux, prônent sans le dire le rapport soumis d’une femme à son homme tout puissant. La fille qui embrasse son mec sur des violons parce qu’il s’excuse de la raclée qu’il lui a mis, et que finalement, c’est un chouette type. Le mec qui gagne toujours à la fin. Orelsan, c’est le contraire, exactement la mauvaise cible sur laquelle il ne fallait pas tirer ; le contre-emploi total. Un des rares à ne pas porter en bandoulière le sexisme qu’on reproche aux rappeurs."

"Lundi 30 mars, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, la chroniqueuse Ariane Massenet, indignée, demandait à Orelsan si le but de sa chanson était d’illustrer ce qui pouvait se passer dans la tête « des jeunes ». « Pourquoi des jeunes ? », répondait le rappeur. Ce tacle parfaitement glissé résume le fond du débat. Ce qui est reproché ici à Orselsan (et à une partie du rap et de la jeunesse dite « des cités », par le truchement d’un jeu infra-verbal), est un préjugé : celui d’une jeunesse qui ne serait que misogynie et violence et à qui il faut inculquer les bonne mœurs, fut-ce par le biais de la censure."

"Qu’on ne trouve comme réponse à cette chanson que l’indignation et la censure révèle la profondeur du dialogue social et générationnel dans ce pays. La génération sans tabous d’Orelsan n’est pourtant pas plus méchante que celle de ses parents. Peut-être juste un peu plus dingue, élevée avec des filles nues dans les couloirs du métro, des films ultra-violents et des ministres qui traitent leur adversaire de salope. "


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