Louer l’église aux musulmans pour y accomplir leurs prières, quelle idée saugrenue !!!
Je vais raconter une histoire personnelle.
J’avais une amie chrétienne qui a l’âge de ma mère voire la dépasse quelque peu. C’est une américaine vivant à paris qui est d’une grande et sincère dévotion. Je la considère comme si elle aurait été ma grande soeur.
Elle avait renoncé à tenter de m’évangéliser. A chaque fois qu’elle tentait de le faire elle se retrouvait affrontée à des arguments qui la déstabilisait, et la vision islamique rationnaliste du Messie Jésus Fils de Marie la déstabilisait davantage. Après un bout de temps elle s’était résolue que l’on ne discute plus de religion.
Bref, un jour elle eut un accident en descendant du bus et fut incapable de marcher pour un bon petit mois.
Je lui rendais de temps en temps visite pour lui faire quelques courses et des retraits d’argent du guichet automatique de sa banque.
Une fois elle m’appela en me disant j’ai besoin de toi pour un service que je ne saurais demander à personne d’autre.
Ledit service consistait à rencontrer un prêtre dont elle était amoureuse (j’avais beau tenté de la dissuader de se distraire l’esprit par cet amour impossible, mais c’était là un palliatif rassurant qu’elle tenait à entretenir d’une seule partie) afin de lui remettre un cadeau d’anniversaire qu’elle eut l’habitude de lui offrir à chaque date de sa naissance.
Elle chercha à savoir si en tant que musulman faire la démarche d’aller vers le prêtre m’incommodait. La réponse était certes négative. Il n’y avait aucun empêchement à faire cela.
Elle me donna le cadeau et le téléphone du secrétariat de l’Eglise dans laquelle officiait son prêtre afin que je puisse connaître son agenda pour pouvoir le rencontrer.
Selon mon amie le moment idéal de la rencontre aurait été celui où ce prêtre recevait dans le confessionnal. Après moult explication je lui répondis qu’il n’était pas question que je m’agenouille devant un homme ordinaire comme moi, mais que j’allais pouvoir bien gérer l’affaire.
Bref, selon nos agendas communs, le prêtre et moi, je n’étais en mesure d’aller à sa rencontre que le mercredi matin de très bonne heure à 7 heure du matin.
J’étais très étonné d’ailleurs de savoir l’église ouvrant à pareille heure et que ledit prêtre allait y avoir une activité.
Comme tout le monde, j’avais l’habitude de rentrer dans les églises avec le flot de touristes issus du monde entier pour pouvoir les admirer de l’intérieur. Je connais tout ce qui se déroule dans le christianisme comme rites et cultes, et le dimanche matin je n’étais pas rébarbatif à suivre la transmission télé depuis une église, donc je n’allais pas me rendre en un territoire vraiment étranger, mais ce qui m’y attendais fut une expérience vraiment inoubliable.
Mercredi matin à 6 heure je me suis levé, pris une bonne douche et fit mes ablutions comme si j’allais à la prière en mosquée.
Devant l’église à 7 heure du matin il faisait encore nuit, c’était l’hiver. Je n’avais pas hésité à rentrer.
Il y avait pas mal de monde, et ledit prêtre donnait un discours à la foule. Je me suis à une hauteur médiane de la foule, à son extrémité gauche pour pouvoir rejoindre le prêtre quand il aurait terminé.
Mon amie par le passé m’avait signifié que se déroulait de temps en temps quelques conférences au sein de ladite église. Sachant mon intérêt pour l’araméen elle m’avait donné un jour la date d’une conférence à laquelle hélas je n’avais pu assister à cause de mon agenda.
Bref, en entrant et en m’asseyant, malgré l’heure très matinale, je croyais assister à une conférence parmi celle qu’organisait cette église.
J’écoutais le discours du prêtre avec intérêt, il parlait de la conversion de Saint Paul (un personnage que je ne porte pas du tout dans mon coeur, estimant que c’est lui qui a perverti le message christique en y adoptant et en l’adoptant au paganisme), d’ailleurs je l’ignorais, mais ledit jour correspondait dans le monde de la chrétienté à l’anniversaire de la conversion de Paul.
Et oh que fut ma surprise qu’une fois le prêtre terminant il ouvrit la prière. Finalement je n’étais pas dans une conférence. Ce à quoi j’avais assisté était un prêche, et hop me voilà piégé (enfermé) en pleine prière parmi des chrétiens.
Il n’y avait pas moyen que la quitte. Je fus attentif à son déroulement, maintes fois j’y ai assisté à la télé.
Quand le prêtre glorifiais Dieu, et la foule le suivait je répétais les mêmes paroles, finalement me disais-je on a le même Dieu donc je glorifie avec eux le même Dieu. Je me levais avec la foule et me ré-assoyais avec elle plusieurs fois.
Et oh que fut grand mon choc quand le prêtre corrigea cette nuance que me proposait ma pensée en prononçant le fameux mot : Seigneur Jésus en référence à Dieu.
Je fus énormément bouleversé, à Dieu ne plaise à Dieu ne plaise me répétais je dans mon for intérieur, j’étais là assistant à un plein acte d’association.
Finalement à ce stade tout le panorama dans lequel j’assistais et tout ce qui était autour de moi changea d’allure dans mes yeux.
Les statues, les icônes, les gravures, la croix tous grossissaient devant mes yeux. Toute l’ambiance avait dans mes yeux un brin maléfique, un brin satanique. Je me voyais vraiment en pleine messe sataniste et païenne. J’étais tellement incommodé par cette ambiance que j’avais une grosse boule de chaleur dans mon ventre, et que j’aurais souhaité que le sol se fende et m’engloutisse que d’assister à un tel scénario glorifier notre illustre prophète Jésus à la place de Dieu comme s’il aurait été lui-même Dieu. C’était abominable comme expérience.
Je me mis alors dans mon for intérieur à glorifier Dieu l’Unique, à relire plusieurs fois des versets et des sourates confirmant de façon catégorique le monothéisme. Quand la foule était amenée à faire des signes de la croix je gardais mes mains collées à mes jambes. J’étais en pleine lutte contre toutes ces manifestations païennes.
Ce n’est qu’après un bout de temps que l’office se termina. Certes je n’étais pas assez fou d’aller chercher l’hostie, et combien je fus rassurer de voir que pas mal de gens n’y croyaient pas et ne la cherchèrent pas.
Une fois que le prêtre ayant terminant tout son office, je me suis engagé à sa recherche, je l’ai arrêté, me suis présenté, lui ai fait part des mots de mon amie, lui ai remis son cadeau, puis lui ai souhaité un bon voyage vu qu’il devait se rendre à la Palestine en pèlerinage, je l’ai alors salué et disposé.
Ouf, en sortant combien je me senti soulagé.
Jamais dans ma vie je n’avais pu sentir ce qu’était le poids physique de l’association et du polythéisme sur le coeur, l’esprit et le corps que ce jour là. C’était vraiment une expérience inoubliable. Depuis ledit jour je reconnais vraiment ce qu’est le monothéisme, une vraie lumière qui n’accepte aucun ténébreux dérapage.
Paradisial