@Desperado
Ne soyez pas angélique et regardez les enseignements de l’histoire sur un long terme.
- Toute grande puissance désire le rester et met en œuvre des stratégies pour essayer de le rester. Toute puissance exerçant un "leadership" mondial (selon la terminologie de la pnac) veut donc garder cette situation privilégiée. Cela a été le cas (pour le leadership européen continental ou colonial et maritime) de l’Espagne (Habsbourg), de la France, de l’Allemagne, de l’Angleterre et maintenant (au niveau mondial) des EUA.
- Ce n’est pas une question de morale ni d’éthique ni de démocratie mais de rapport de force et d’utilisation plus ou moins équilibrée de la « hard power » et de la « soft power » (voire de la smart power). Je le constate et le déplore sans doute comme vous mais c’est un fait et ne vais pas faire semblant de croire qu’un chef d’Etat d’une grande puissance abandonnera une part de cette puissance sans contreparties pour son pays.
- A ce niveau les EUA ne sont pas spécialement moins immoraux que les autres grandes puissances qui les ont précédé et qui, elles aussi, tentaient de contrôler le maximum de ressources. Ils ont tout simplement plus de moyens que les autres et interviennent sur une plus grande échelle.
- Tout Etat qui aurait la puissance des EUA actuellement exercerait les mêmes pressions pour la conserver et l’étendre, il pourrait être blanc, jaune, noir, orange, bronzé cela ne changerait rien… une grande puissance qui refuse d’assumer son rang risque de le perdre et cette réalité n’importe quel chef d’Etat occidental, oriental, africain, chrétien, musulman, juif, confucéen etc… en est bien conscient.
- Cela étant l’histoire sur un long terme montre que ces périodes de domination sont éphémères et les grosses têtes du PNAC me font rire quand elles réfléchissent sur un "nouveau siècle américain"... en réalité elles semblent beaucoup plus tournées vers la nostalgie du demi siècle passé que vers le siècle que l’on à entamé. Les think tank étatsuniens ont notoirement une guerre de retard, aucun n’avait vraiment prévu la chute brutale du bloc soviétique ou la montée de l’islamisme radical.
- Maintenant ayez la curiosité de consulter les statistiques économiques mondiales depuis 5 ans (croissance, endettement, PIB, IDE, exportations...) et vous n’aurez aucun mal à comprendre l’extrême fragilité du leadership mondial des EUA... en gros le monde unipolaire de Bush et l’illusion de l’hyperpuissance c’est bien terminé et les EUA n’ont pas les moyens de s’offrir des guerres à répétition (le Vietnam avait déjà affaibli ce pays avant qu’il redémarre avec Reagan puis la fin de la guerre froide) l’Irak et l’Afghanistan n’ont en rien renforcé sa puissance économique ou diplomatique bien au contraire (voir les statistiques économiques depuis 10 ans)... à partir de là je ne vois pas en quoi une guerre en Iran (ou au Venezuela) serait différente des précédentes...
- Tout montre que la Chine deviendra bientôt l’autre grande puissance mondiale à coté puis devant les EUA et vous verrez que sa politique de leadership mondial n’aura rien à envier à celle des EUA car eux pouvaient compter sur un softpower très attractif ce que les Chinois n’ont pas (à moins de beaucoup changer mais vous avez rencontré beaucoup de gens qui rêvent d’émigrer en Chine ou de s’habiller, vivre, se divertir à la chinoise ? … pas moi) or quand on a pas ce softpower il faut bien le compenser par le hardpower… cela étant je ne vois pas comment on pourrait reprocher aux Chinois d’avoir les ambitions que nous (Occidentaux) avons caressé pendant deux siècles.
- A partir de là vous pouvez dénoncer la puissance des EUA , des « blancs » occidentaux et des « sionistes » mais pour moi c’est un combat d’arrière garde… le monde se recompose rapidement et la crise financière n’a fait qu’accélérer cette mutation au profit de certaines puissances émergentes, on ne peut plus lui appliquer les grilles de lecture de la guerre froide, de la décolonisation ou même du nouvel ordre international des années 90 et du début des années 2000… on va vers autre chose pour le meilleur ou pour le pire l’avenir nous le dira…
Au plaisir.