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Commentaire de berserk

sur La déclaration des droits de l'homme de 1789 est libérale


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berserk 8 septembre 2010 21:41

Voici quelques thèmes trouvés dans votre réponse, pour lesquels je souhaite exprimer mon point de vue..

1) Violence et exclusion :
A un niveau social, nous avons au moins trois formes de violence, violence économique, violence physique et violence symbolique. La violence exercée sur une personne la mène souvent à l’exclusion, à l’aliénation ou au repli sur soi.
Je pense qu’avec ou sans Etat, il y aura toujours quelqu’un pour perpétrer des actes de violence quelle qu’elle soit, mais ça ne justifie aucunement que l’État reproduise ces comportements aveuglément.
En revanche, lorsque vous êtes confronté à des pathologies menant au meurtre ou aux sévices, à l’agression et à la dangerosité pour l’entourage en général, une contrainte devient nécessaire pour maîtriser l’individu. Les psychiatres modernes utilisent aussi aujourd’hui ce qu’on appelle la "camisole chimique". Pour eux, l’individu est aliéné non pas par la contrainte elle-même, mais par ses propres émotions et pulsions, qui l’ont rendu violent ou incontrôlable. La Justice, qui est un pouvoir régalien de l’Etat, impose de donner une réponse sociale en direction des victimes. Ces dernières doivent être indemnisées physiquement et moralement. De la même manière, les aliénés sont des êtres humains avec des droits, tout comme les criminels ou les terroristes par exemple, que l’État doit faire respecter.

2) Financement culturel étatiques :
Le problème avec la solution du libéralisme, c’est que sans État les citoyens ne seront plus que des consommateurs. Aujourd’hui l’État est faible en termes de rayonnement culturel. Il est écrasé par les industries culturelles, en particulier les majors. Celles ci sont réunies en lobby, ce qui les met en situation de monopole. Le consortium des majors domine le marché, écrit les Lois et décide de la stratégie culturelle de la la France.
Le résultat est un appauvrissement des catalogues et un formatage des cultures.
Dans la lutte sans merci dans laquelle les majors se sont lancées contre le partage de fichiers, peut-être que plus d’État, là où il en manque, au niveau du partage et de la fraternité, de la culture, permettrait de relancer une dynamique créative, en pleine course vers la société de l’information. Cela implique des logiques participatives, et une ouverture vers l’économie du gratuit, qui pourrait s’intégrer à mon avis à la promotion et à l’enrichissement du domaine public. Il suffirait que l’Etat, sensé représenter la société qu’il régit, encourage la création numérique et la diffusion de toutes les œuvres afin de diffuser plus largement toutes la culture, qui est un secteur stratégique fondamental pour notre pays.
De plus le droit de prendre part à la vie culturelle y a une valeur constitutionnelle aujourd’hui entravée par le monopole des majors qui encourage en ce moment l’État à sanctionner le partage de fichiers.

3)Corruption : trop ou pas assez d’État ?

C’est sur ce point que nous serons probablement le plus en désaccord.
J’ai été très peu convaincu par la vision stéréotypée de la gauche que vous avez décrite.
Les français sont de moins en moins politisés, et ils mettent tous les politiques dans le même panier : corrompus à gauche et à droite, du coup il votent de moins en moins.
La grille de lecture gauche/droite est stéréotypée et n’a aucun sens dans la société du partage de l’information. Elle ne fait que nous détourner des vrais enjeux : éthique des marchés et de l’État, stratégies de développement culturel et scientifique, éducation et information, développement durable, etc.
Ce n’est pas la présence de l’État qui me pose problème, mais la manière dont la souveraineté populaire a été usurpée par la classe politique et l’oligarchie dominante.
Je ne pense pas que l’un vaille mieux que les autres, mais je crois que l’État est culturellement trop affaibli, ce qui provoque une baisse qualitative des productions.
Autant la liberté d’entreprendre et de diffuser des cultures ou des technologies, des savoirs, est nécessaire, autant l’État aurait les moyens d’utiliser les médias publics pour diffuser le domaine public et les licences libres, et encourager la création en général.
La où nous serons peut-être d’accord, c’est qu’il y a dans tous les cas une nécessité de mettre en place des contre-pouvoirs citoyens pour contrôler et réguler les orientations stratégiques sur le long terme prises pour le pays et rapprocher le pouvoir de la société civile, c’est à dire non pas des marchés monopolistiques (qui sont déjà introduits au cœur du pouvoir), mais des lieux de production culturelle, des universités, des associations, et d’Internet, pour les enrichir et les renforcer.
Par ailleurs, les vidéos de Serge Halimi qui ont été mises en lien dans le commentaire de Maldoror plus haut, sont éloquentes et lucides à mon avis.
Encore un mot sur le libéralisme : c’est un mouvement que je trouve très violent symboliquement et qui est porteur d’une partie de la responsabilité du clivage gauche/droite et doit pour cette raison être dépassé. Les régressions démocratiques et culturelles sont impliquées par le délitement de l’État autant que par son autoritarisme.


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