L’Amour de son Prochain
En 1918, Ford acquiert un tout petit journal, le Dearborn Independent. Homme de conviction, Ford y publie les Protocoles des Sages de Sion !
Les idées répandues dans ce journal étaient notoirement
anti-immigration, anti-ouvrières et anti-sémites. Le tirage grimpa
jusqu’à atteindre 700 000 lecteurs. En plus des absurdes Protocoles, le
Dearborn publia au cours des années 20 un ensemble de quatre tomes
intitulé Le Juif International, Principal Problème de l’Humanité.
Ces
publications connurent un franc succès, notamment en Allemagne et en
Autriche, où un certain Adolf Hitler en fit une lecture admirative.
Hitler afficha une photo de Ford sur son mur et parla même de lui dans
son excellent petit caca intitulé Mein Kampf (Mon Combat). Monsieur
Hitler proclama même : « Je ferai de mon mieux pour mettre en pratique
les théories de Ford en Allemagne et je concevrai une voiture du peuple
(la Volkswagen), sur le modèle de la Ford-T. »
Le Dearborn condamna
malgré tout les pogroms. En fait, ils condamnèrent surtout les juifs
eux-mêmes, qu’ils tenaient pour principaux responsables de ces
déplaisants désordres. Un avocat juif de San Francisco, Aaron Shapiro
poursuivit le Dearborn pour diffamation, ce qui entraîna sa fermeture en
1927. Villipendé, Ford tenta de faire porter le chapeau à ses éditeurs,
prétendant même n’avoir jamais lu sa propre chronique (Ford’s Own
Page), La Propre Page de Ford. Ces prétentions furent démolies en cours de procès.
Ce n’est en 1942 (!) que cessa la distribution des populaires volumes Le Juif International. Quelques déficients le proposent encore sur Internet aux sub-normaux en manque de crétineries.
Sur
une note triste et émouvante, on raconte que monsieur Ford, alors âgé
de 80 ans, subit une crise cardiaque en regardant un film tourné dans
les camps de concentration Nazis. Un grand sensible.
L’amitié entre les peuples
Russie
: En 1929, l’année du Crash, un autre de ses admirateurs, Josef
Staline, fit construire par Ford une usine modèle à Gorky, capable de
produire 100 000 véhicules par année, le tout assorti d’un contrat
d’achat de produits Ford d’une valeur de 30 millions.
Espagne :
Lorsqu’une coalition de libéraux, de marxistes et de socialistes
remporta les élections en 1936, le Général Franco, fort de sa longue
expérience des guerres coloniales en Afrique et soutenu financièrement
par Hitler et Mussolini, attaqua la république à l’aide d’une armée de
traîtres, de fascistes et de mercenaires. Son groupe était sur le point
de perdre la guerre civile quand ses amis de Ford, General Motors et
Studebaker lui firent cadeau de 12 000 véhicules divers. Le Reich et
l’Italie de Mussolini en ajoutèrent 6 000 et la Luftwaffe vola carrément
au secours du futur despote, inventant au passage le bombardement
aérien de populations civiles. Staline, de son côté, socialiste de nom
et de logo, mais fasciste dans les faits, se fit un plaisir d’abandonner
la république espagnole. Les gouvernements démocratiques du monde
entier restèrent de glace et seuls quelques associations se portèrent au
secours de la démocratie espagnole, de façon indépendante. La
quasi-totalité des survivants de ces brigades furent poursuivis dans
leurs pays. Ford continua à opérer dans l’Espagne Franquiste jusqu’à la
mort du dictateur et le gouvernement des États-Unis investit massivement
dans la consolidation du tyran, considérant Franco comme un allié dans
la Guerre Froide.
Allemagne : En 1922, la révolte bavaroise du
parti National Socialiste d’Adolf Hitler reçut un appui de taille
lorsque Henry Ford y contribua 70 000 $. Il continua de soutenir Hitler
tout au long des années 20 et 30.
En 1928, Ford Motors fusionna 40 %
de ses intérêts en Allemagne avec ceux du cartel I.G. Farben, la
compagnie pro nazie des Warburg. Carl Bosch de I.G. Farben devint le
président de Ford-Werke, alors que Edsel Ford, le fils de Henry
rejoignit le conseil d’administration de I.G. Farben Amérique.
Juste
à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, en 1938, les responsables du
Troisième Reich remirent à Henry Ford la médaille de la Grande Croix de
l’Aigle, la plus haute distinction décernée à un étranger par
l’Allemagne Nazie. Benito Mussolini avait reçu la sienne. Il faut dire
que Ford Motors venait d’inaugurer à Berlin une usine d’assemblage de
camions pour le transport des troupes de la Wermacht.
Au début de la
guerre, en 1939, tant Ford que GM convertirent leurs usines allemandes
et autrichiennes vers la production d’équipement militaire. GM et Ford
construisirent 90 % des transports blindés Mule, et 70 % des camions
lourds du Reich. Les services d’espionnage États-Uniens considéraient
ces véhicules comme la colonne vertébrale du système de transport
allemand.
Au cours du conflit, Ford-Werke assuma le contrôle de
toutes ses filiales en Europe et profita bien de l’occupation pour
écraser Renault, Citroën et Peugeot en France et solidifier sa position
en Hollande, en Belgique et au Danemark. Le président de Ford France,
Maurice Dollfuss, fut le tout premier dignitaire Français reçu à Berlin
après la capitulation. Il écrivit dans une lettre à Edsel Ford en 1941
que les profits nets de l’entreprise atteignaient des niveaux records, à
58 millions de francs.
En 1942, l’aviation britannique bombarda
l’usine Ford de Poissy. Les médias alliés publièrent même des photos du
bombardement, mais aucun ne mentionna le fait que l’usine appartenait à
Ford Motors. Le gouvernement de Vichy compensa Ford pour la destruction
de sa propriété, lui octroyant une maigre pitance de... 38 millions de
francs.
Après la guerre, Ford et GM exigèrent des dommages et
intérêts du gouvernement des États-Unis pour compenser les ravages
qu’avaient subi leurs intérêts sous les bombardements alliés. Ford reçut
entre autres 1 million de dollars pour la « destruction » de son usine
de Cologne, qui fut pourtant totalement reconstruite et opérationnelle dès 1945.
Réduction de la Population
Ford
a été un ardent défenseur des plastiques de soja et de l’éthanol.
L’idée géniale de brûler de la nourriture dans le moteur à combustion
d’une voiture construite à 75% de protéines comestibles vient de lui. En
1942, il présenta réellement au public une automobile en plastique de
soja fonctionnant à l’agrocombustible. Déplorable mais vrai, ce fut un
bide total.
Imaginez seulement ce que serait aujourd’hui la
population du globe si nous avions eu la sagesse de suivre sa vision et
d’arracher de la bouche des hordes sauvages les aliments nécessaires à
leur pullulement ! Tous ces difformes nourrissons du tiers-monde
serviraient d’engrais pour nos réservoirs ! Un monde idyllique ! Le
blanc irait faire ses courses dans un carrosse en os de pauvres ! Ah,
que de rêves, que de rêves !