La réaction de Sentero - le déni arrogant - montre la force de cette démonstration. Elle montre aussi la force de l’orgueil et de la vanité, qui préfère s’enfoncer dans la réponse conformiste, ou plus exactement dans l’attitude adoptée, plutôt qu’admettre son erreur. Ce qui est également une attitude démontrée et expliquée par Milgram dans cette même série d’expériences sur l’obéissance.
Le nombre d’interventions de Sentero, qui réagit à pratiquement tous les postes, montre non pas la force de ses convictions, mais uniquement que le sujet (les attentats du 11 septembre 2001 et leurs implications) sont un sujet de préoccupation majeure pour lui. Son déni n’est que la dissimulation d’un puissant conflit intérieur entre son mental et son inconscient. Son mental est assiégé, dos au mur, et résiste de toute ses forces, parce que pour lui, admettre une erreur, c’est signer la chute de son "moi", ce qu’il ne peut admettre.
"Qu’est-ce que le mental" demande Gitta Malazsch dans son "Dialogue avec l’Ange". Et l’ange de répondre : "Non pas le conducteur, mais le conduit. C’est un instrument, un outil entre les mains du maître. Tu lèches la cuillère à sucre et tu te dis "c’est doux" ; ce n’est pas la cuillère qui est douce ; essaie de la mordre, tes dents vont s’y casser !"
"Comme les dents servent à broyer de la nourriture, elles ont donc
un lien avec broyer des nouvelles idées ou circonstances afin de
bien les assimiler. La personne qui a mal aux dents est souvent celle
qui a de la difficulté à se décider, faute de bien analyser les
situations."