http://www.wsws.org/articles/2011/mar2011/pers-m28.shtml
pour philou ....
elle a l’air très bien cette " révolution " .......
"
Un collaborateur de la CIA pour commander les rebelles Libyens
Par Patrick Martin World Socialist Web Site 28 mars 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri
Le Conseil National Libyen,
l’organisation basée à Benghazi qui parle au nom des forces rebelles
qui luttent contre le régime de Kadhafi, a désigné un collaborateur de
longue date de la CIA pour diriger ses opérations militaires. Le choix
de Khalifa Hifter, un ancien colonel de l’armée libyenne a été signalé
jeudi par McClatchy Newspapers, et le nouveau chef militaire a été
interviewé par un correspondant d’ABC News dimanche soir.
Hifter, dont l’arrivée à Benghazi
avait été rapportée pour la première fois le 14 mars par Al Jazeera, a
fait l’objet le 19 mars d’un portrait flatteur d ans le Daily Mail, un
tabloïd britannique farouchement belliciste. Le Daily Mail présentait
Hifter comme une des « deux étoiles militaires de la révolution » qui
« est rentré récemment d’exil en Amérique pour apporter une certaine
cohérence tactique aux troupes rebelles au sol. » Le journal n’évoquait
pas ses liens avec la CIA.
McClatchy Newspapers a publié un
profil d’Hifter ce dimanche. Intitulé ‘Le nouveau chef rebelle a passé
une bonne partie des 20 dernières années dans une banlieue en
Virginie, » l’article note qu’il avait été auparavant un officier
supérieur du régime de Kadhafi jusqu’à « une aventure militaire
désastreuse au Tchad à la fin des années 1980. »
Hifter avait ensuite rejoint
l’opposition à Kadhafi puis finalement émigré aux Etats-Unis où il a
vécu jusqu’à ces dernières semaines qui ont vu son retour en Libye pour
prendre le commandement de Benghazi.
Le profil par McClatchy concluait,
« Depuis son arrivée aux Etats-Unis au début des années 1990, Hifter a
résidé dans une banlieue de Virginie aux environs de Washington DC. ».
Il citait un ami qui « disait ne pas trop savoir comment Hifter
subvenait à ses besoins, et qu’Hifter s’occupait d’abord d’aider sa
grande famille. »
Pour ceux qui savent lire entre les
lignes, c’est une indication à peine voilée du rôle d’Hifter en tant
qu’agent de la CIA. Comment en effet, un ancien officier supérieur de
l’armée libyenne a-t-il pu entrer aux Etats-Unis au début des
années1990, seulement quelques années après l’attentat de Lockerbie,
puis s’installer près de la capitale fédérale, sans l’accord et l’aide
active des services de renseignements US ? Hifter a vécu en fait pendant
une vingtaine d’années à Vienna en Virginie, à seulement une dizaine
de kilomètres du siège de la CIA à Langley.
La CIA
était bien au courant des activités militaires et politiques d’Hifter.
Un article du Washington Post du 26 mars 1996 parle d’une rébellion
armée contre Kadhafi en 1996 et écrit son nom dans une transcription
différente. L’article cité des témoins selon qui la rébellion a pour
« chef le colonel Khalifa Iftar [et est] une organisation du type
« contra » basée aux Etats-Unis et appelée Armée Nationale Libyenne. »
La comparaison est faite avec les
forces terroristes “contra” financées et armées par le gouvernement des
Etats Unis dans les années 1980 contre les autorités sandinistes au
Nicaragua. Le scandale Iran-Contra, qui avait secoué l’administration
Reagan en 1986-87, concernait la mise au jour de ventes illégales
d’armes US à l’Iran, dont le produit servait à financer les contras au
mépris d’une interdiction par le Congrès. Les parlementaires Démocrates
avaient couvert le scandale et rejeté les appels à une procédure
d’impeachment contre Reagan pour avoir financé les activités d’une
illégalité flagrante ourdies par une brochette d’anciens agents des
services secrets et de conseillers à la maison Blanche.
Un livre publié par Le Monde
Diplomatique en 2001 ; Manipulations Africaines, fait remonter la
relation avec la CIA encore plus loin, en 1987, signalant qu’Hifter,
alors colonel de l’armée de Kadhafi, avait été capture au Tchad où il
combattait avec une rébellion soutenue par la Libye contre le
gouvernement d’Hissène Habré, soutenu par les Etats-Unis. Il fit
défection pour le Front National de Salut Libyen (FNSL), la principale
force d’opposition à Kadhafi, qui avait le soutien de la CIA. Il
organisa sa propre milice qui opéra au Tchad jusqu’à la déposition
d’Hissène Habré en 1990 par Idriss Déby, son rival appuyé par la
France.
Selon ce livre, “la force de
Haftar, créée et financée par la CIA au Tchad, disparut dans la nature
avec l’aide de la CIA peu de temps après le renversement du
gouvernement par Idriss Déby. » Le livre cite aussi un rapport du
service de recherche du Congrès daté du 19 décembre 1996, selon lequel
le gouvernement des Etats-Unis apportait une aide militaire et
financière aux membres du FNSL qui avaient été repositionnés aux
Etats-Unis.
Ces informations sont accessibles à
tous ceux qui se livrent à une recherche même superficielle sur
internet, mais elles n’ont pas été relayées par les media contrôlés par
les grands groupes, hormis une dépêche de McClatchy qui évite toute
référence à la CIA. Les chaînes de télévision, trop occupées à faire
l’éloge des « combattants de la liberté » de l’est libyen, ne se sont
pas fatiguées à signaler que ces forces étaient désormais commandées
par un collaborateur de longue date des services de renseignements des
Etats-Unis.
Pas plus que n’en ont tenu compte
ceux qui parmi les libéraux ou la “gauche” s’enthousiasment pour
l’intervention des Etats Unis et de l’Europe en Libye. Ils sont trop
occupés à saluer l’administration Obama pour son approche multilatérale
et « consultative » de la guerre, présumée être différente de
l’approche unilatérale à la « cowboy » de l’administration Bush en
Irak. Que le résultat soit le même – mort et destruction qui s’abattent
sur la population, la souveraineté et l’indépendance d’un pays
anciennement colonisé foulées aux pieds – ne signifie rien pour ces
thuriféraires de l’impérialisme.
Le rôle de Hifter, présenté à
juste titre il y a 15 ans comme le chef d’une “organisation du genre
contra”, montre quelles sont les véritables classes sociales à l’oeuvre
dans la tragédie libyenne. Quelle que soit l’authenticité de
l’opposition populaire qui s’est exprimée dans la révolte initiale
contre la dictature corrompue de Kadhafi, la rébellion a été détournée
par l’impérialisme.
L’intervention de l’Europe et des
Etats Unis en Libye n’a pas pour but d’apporter la “démocratie” et la
“liberté” mais d’installer au pouvoir des pantins de la CIA qui
dirigeront le pays aussi brutalement que Kadhafi, tout en permettant
aux puissances impérialistes de piller les ressources pétrolières du
pays et de se servir de la Libye comme base d’opérations contre les
révoltes populaires qui soufflent sur le Moyen Orient et l’Afrique du
Nord."