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Commentaire de papone

sur Débat : Henri Guaino - Emmanuel Todd


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papone papone 2 juin 2011 18:06

Si tu pouvais nous citer quelques noms de ces grands mathématiciens économistes que tu as l’air de bien connaître, ça pourrait éclairer notre lanterne.

Quant à Todd, sa voix détonne dans l’univers médiatique et il a au moins quelques mérites à mes yeux indiscutables :

- il dénonce avec virulence la recherche de boucs émissaires sur la base de critères ethniques à l’heure où le gouvernement est complètement largué sur les questions fondamentales d’économie. Sur ce point Guaino a esquivé tout le long.

- il critique le caractère oligarchique du pouvoir actuel en occident. Ne serait-ce qu’au niveau de la sémantique, c’est une bonne chose que ce terme soit utilisé et répandu dans le débat public. ("Au commencement il y avait le verbe", les idées ce sont les mots et vice versa, le vocabulaire est un enjeux du combat.)

- il propose une solution qui semble extrêmement pertinente à savoir un protectionnisme à l’échelle de l’Europe. Entre états à peu près homogènes sur les plans économique et culturel, cela permettrait de se libérer de la pression insupportable de la concurrence des pays à très bas salaires.

C’est une solution qui était défendue par Maurice Allais, unique prix Nobel d’économie français et méconnu notamment parce que ses positions contre le libre échange mondialisé et dérégulé lui ont valu un boycott médiatique en bonne et due forme. C’était un économiste extrêmement respecté par ses pairs qui mérite d’être redécouvert.
Un espace européen démocratique et régulé au sein duquel se développent des grands projets industriels, écologiques et culturels, qui reprend le contrôle de sa monnaie et qui intervient sur la scène mondiale comme un partenaire puissant et pacifique, c’est un projet qui pourrait inspirer nos générations.

Quand à Guaino, le débat aurait pu être intéressant s’il avait été de bonne foi et s’il avait défendu la politique du gouvernement sur le fond. On aurait alors pu essayer de comprendre comment un "gaulliste" peut se retrouver à coté d’un sarko faisant une politique fiscale pour les riches, se couchant devant la banque, sabotant la politique extérieure française en s’engageant dans toutes les aventures impérialistes foireuses aux côtés des américains au moment même où ceux-ci partent en torche, etc.
En fait il n’a strictement rien dit et il n’a de gaulliste que l’étiquette. L’occasion s’est présentée et il a voulu croquer sa part du gâteau, c’est pas le premier et ce sera pas le dernier.
Il est censé incarner un peu l’âme de la France aux cotés d’un président de la république peu cultivé dont il écrit les discours "historiques" (c’est pas drôle). Et pourtant il n’a rien à dire. Je vous mets au défi de trouver dans l’émission une vision, une perspective d’avenir. Même pour nous dire qu’on va en chier mais qu’au moins on sait où on va. Rien.

La crise a bon dos. Elle est l’excuse universelle. "Le gouvernement a fait tout son possible" c’est à dire rien. Il suit le fil de l’eau au quotidien et obéit au pouvoir de l’argent. Il tente de limiter les dégâts et n’a absolument aucune vision globale, quant à parler de stratégie... Il a parlé de réguler la finance mais on voit bien qu’il n’y croit pas une seconde. Sarko allant affronter le fric ! C’était assez pathétique au final. En deux mots : renoncement et attente.

En même temps, pour alléger son fardeau, on ne peut pas avoir un gouvernement qui affronte le pouvoir des multinationales et des banques tant que le peuple dort ou rêve d’être calife à la place du calife.


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