"L’erreur
de Rousseau a été de supposer que l’Homme est un être
solitaire à l’état de nature. L’Homme est un être
social ce n’est pas pour autant qu’il y a un contrat."
=> Je ne suis pas un spécialiste de Rousseau mais je crois que ce qu’il dit sur l’état de nature est plus subtil que cela : dans l’Essai sur l’Origine des Langues, il évoque bien des clans.
"Vu
qu’il y a déjà eu des meurtres en France, ce "contrat
social" est donc caduc."
=> Un meurtre ne suffit pas à produire la guerre civile, de même que tout irrespect d’une loi n’entraîne pas la perte du contrat social, ce serait absurde.
"Contrat
social rompu, ils peuvent donc faire sécession."
=> Même réponse que ci-dessus.
"Le
"contrat social" stipule que cette oligarchie est élu
par le peuple par un vote démocratique pourtant."
=> Démocratie et oligarchie sont deux concepts qui s’excluent mutuellement. L’usage que nous faisons de notre souveraineté (c’est-à-dire pour la déléguer et la nier), vaut bien que nous la perdions, pour citer Rousseau.
"Dans les droits naturels, il
y a le droit de les défendre."
=> En n’admettant que l’individu comme instance légitime pour défendre ses droits naturels, vous sombrez dans une aporie, que Rousseau démonte d’ailleurs très bien dans le premier chapitre du Contrat social lorsqu’il évoque le droit du plus fort. Les droits naturels ne peuvent exister sans la garantie d’une puissance légitime extérieure à l’individu. Sans elle, vous vous ferez obéir par la force, non par le droit.
"La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?" (Du Contrat social ; I,III)
C’est dans ce sens qu’un libéral est nécessairement partisan de l’existence de l’Etat. Si l’individu en est réduit à devoir défendre lui-même ses droits, c’est que ceux-ci peuvent être niés à loisir par ses congénères tant qu’ils lui seront supérieurs par la force (et c’est donc que ces droits n’existent plus), tandis que dans l’Etat de droit, tout attentat aux libertés naturelles est sanctionné automatiquement.