C’est drôle comme argumentation... alors quelque part je serais un jaloux, un haineux, qui ne se bouge pas le cul et qui se contente de se plaindre des employeurs, c’est pour ça que je trouve anormal un système dans lequel quelqu’un qui investit de l’argent peut en gagner plus, en prélevant une part des richesses produites par des salariés, dans des entreprises où n’existe aucun principe démocratique, où on ne connait que les relations de subordination et où les plus pauvres n’ont aucune autre alternative pour vivre en société que d’aller y travailler.
Et je ne parle pas là des petits boulangers, des petits commerçants, des petits artisans (c’est une lubie chez ceux qui défendent ce système économique de toujours prendre en exemple les galériens, ceux qui en bavent, le petit épargnant, la petite entreprise avec un salarié) je parle du système en lui même, qui consiste à fonder le fonctionnement de l’économie et de la production de marchandises sur la cupidité de ceux qui ont de l’argent à y investir, en les laissant la possibilité d’en gagner plus, sans limite.
Et ma critique n’a même pas grand chose de moral, c’est simplement que ce système ne fonctionne pas et produit des crises en boucle.
Mais non, je dois faire erreur, je me trompe moi-même... si j’en pense du mal de tout ce bonheur et de toute cette liberté, c’est parce que je suis un pleurnicheur, un raté jaloux de la réussite des autres. C’est une bien drôle de manière de défendre ce système.
Que dirais-tu si, lorsque tu critiques l’argent dette, on te rétorque que tu te plains uniquement parce que tu n’as pas su en profiter, et que tu si avais réussi à gagner de l’argent avec ce système tu serais pas là en train de pleurnicher ?
Bon, sinon, on est d’accord sur le fait que ces dernières crises sont dues à la dette et sa circulation... mais à quoi est due la création de l’argent dette qui a provoqué ces crises ? Il s’agit de chercher par quoi est-ce que cette histoire a commencé.
Cela ne te semble pas logique que dans un système où on laisse les investisseurs prélever de plus en plus de valeur sur le travail, en augmentation la rentabilité plus vite que les salaires, on se retrouve à un moment où les travailleurs n’ont plus les moyens d’acheter ce qu’ils produisent ?
Et comment résout-on le problème, si on veut que le système perdure et que les entreprises puissent continuer à vendre ?
La question n’a pas arrêté de se poser durant les "Trentes glorieuses", et on a trouvé la solution dans les années 70 : en baissant les taux de crédit et en proposant aux ménages de s’endetter pour pas cher, comme le font les entreprises.
Sauf qu’une entreprise s’endette pour créer de la valeur, tandis qu’un ménage, lui, s’endette pour consommer.