@Machiavel :
1 A. Sur le fond que j’ai pu voir, non, je ne le trouve pas du tout cohérent et si tu me dis que toutes ses analyses convergent, c’est qu’il y a vraiment un problème quelque part. Mais bon, soit. C’est stérile, on ne se mettra pas d’accord.
B. Ai-je jamais dit le contraire ? J’ai même dit qu’il était bon d’avoir plusieurs sons de cloche. Je disais juste que là n’était pas la question.
2. Paralogisme. Passer dans les grands médias ou ne pas y passer ne prouve absolument rien.
3. Il y a unanimité sur le couronnement de Charlemagne, sur la responsabilité des Japonais à Pearl Harbor etc etc. Maintenant, qu’il y ait des divergences sur les détails ou des doutes, ben oui, forcément. Comment il avait rasé sa moustache, Charlemagne ? Aucune idée. Mais il y a des niveaux dans la certitude et je place le 11/09 au même niveau d’incertitude que l’assassinat de Kennedy. Mais là non plus on ne convergera pas.
Quant à Chomsky, je crois que là aussi c’est avant tout une question idéologique. Comme tu l’as dit toi même, tout est douteux. Toi tu es parti vers une conception, une idéologie et moi vers une autre. Pour nous départager, il faudrait lever tous les doutes. Donc c’est là aussi stérile.
4. Je le sais parce que je l’ai démontré. C’est comme si je te disais que la Terre tourne autour du soleil et que tu me répondais que j’érige MA PROPRE conception en vérité absolue. Non la postérité ne décide pas du talent. C’est un fait et pas une conception. De très nombreux écrivains ont énormément de talent et sont pourtant oubliés ou inconnus. De la même façon, suivant les périodes, on considère tel écrivain comme un classique pour l’oublier à une autre période. Dire que sous une monarchie, Voltaire ne serait pas un classique, c’est pas une conception, c’est un fait. Tu peux assez facilement le vérifier, d’ailleurs.
"Historiquement l’écrivain est l’éveilleur de conscience de la bourgeoisie", idem, c’est faux et c’est un fait. Je vais prendre un exemple volontairement ridicule pour te le prouver : un gars qui écrit un livre de recettes est un écrivain. En quoi il est un éveilleur de conscience de la bourgeoisie ? Des écrivains, il en existe des milliers qui sont tous différents, c’est pas MA conception, c’est un fait facilement vérifiable. Si je te disais qu’à mon sens, tous ceux qui écrivent des poèmes ne sont pas des écrivains, ce serait ma conception mais ce serait honnête, contrairement à Soral parce que j’aurais précisé "à mon sens".
Ou alors il faudrait changer la définition des mots "écrivains", "talent", "postérité"... C’est vrai que si on part de ce principe, dans l’absolu, "écrivain" peut désigner ce qu’on veut, comme une chaussette ou un arbre, par exemple.
Quant aux intellectuels à concept désincarné, peut-être qu’ailleurs il les cite, j’en sais rien, mais pas là.
Quant à ta conception, je le répète, elle est erronée. Si tu cherches bien tu trouveras une multitude d’écrivains à style sans le moindre lien avec la bourgeoisie.
Quant à MA conception, je ne l’ai pas énoncée encore. J’aime bien tout genre et tout style d’écrivains de toutes époques et je n’ai pas le mépris de considérer ceux qui ne rentrent pas dans ces cases comme n’étant pas des écrivains. Beigbedder et Nothomb ne me transcendent pas comme un Dostoïevski ou un Welsh, la poésie je l’apprécie jusqu’à Rimbaud mais beaucoup plus difficilement après. Mais je considère tous ces gens comme des écrivains.
Il y a une citation de Bukowski (écrivain bourgeois ? A style ? Comment tu le classes, lui ?) que j’aime beaucoup et qui colle assez au sujet : "Les écrivains posent un problème. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend comme des petits pains, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend moyennement, l’écrivain se dit qu’il est génial. Si ce qu’un écrivain écrit est publié et se vend très mal, l’écrivain se dit qu’il est génial. En fait la vérité est qu’il y a très peu de génie. Charles Bukowski, in Women."