Alors Machiavel t’es un grand !
Je passe sur Proudhon que tu n’as visiblement pas compris. Sur la révolution Russe :
L’amorphie des masses ouvrières ! la nomenklatura ! Mais qui a le premier dénoncé la dérive de la révolution ? Lénine lui-même, dans de fameuses diatribes d’ailleurs ! Tu confonds intentions, fantasmes, et processus Historiques, les derniers prenant le pas sur le reste. En l’occurence, les conditions n’étaient pas réunies et de loin, pour réaliser une révolution communiste à proprement parler.
Les masses ouvrières n’étaient pas du tout amorphes, elles étaient tiraillées entre diverses influences, et elles ont fait l’erreur de laisser le pouvoir à une nomenclatura qui a été incapable d’aboutir à autre chose qu’à Staline. Mais cette erreur des masses ouvrières était obligatoire, nécessaire parce qu’elle ne savait pas faire autre chose, ne savait pas concrètement comment se passer de "têtes pensantes" pour gérer la révolution.
La révolution Russe, comme toutes les révolutions avortées, n’était qu’un essai parmi d’autres qui suivront. Les ouvriers ont toujours fait l’erreur fondamentale de faire confiance en des dirigeants qui ne partageaient pas leur condition de classe, et à chaque fois ils se sont fait baiser.
Les révolutionnaires Français, du moins les Jacobins, n’ont pas pu se résoudre à laisser les gentils aristocrates comme La Fayette prendre le pouvoir à leur place et guider la révolution. Ils s’en sont chargés eux-même, et ont ainsi, tant bien que mal, vaincu, et fait triompher un ordre nouveau. Ce n’était certainement pas la première des tentatives, et d’autres tentatives de ce type ont échoué ailleurs en Europe, avec à chaque fois la même erreur des révolutionnaires : faire confiance à des dirigeants de l’ordre ancien pour mener leurs batailles.
Alors la ficelle est grosse pour arriver à Mélenchon : comment partant de cette analyse puis-je faire confiance à Mélenchon ? Mais je ne lui fait pas du tout confiance ! Je cherche simplement à donner du poids aux idées et valeurs défendues par le FdG dans cette campagne : leur faire gagner du terrain à l’occasion de cette campagne. Si Mélenchon devient président, et si la gauche a une majorité à l’assemblée, c’est encore mieux ! Mais quoi qu’il arrive, cela ne m’empêchera pas de militer pour la décroissance, le tirage au sort, bref, le dépassement de la république reformiste vers le communisme en bon et due forme. Le Front de gauche participe de la conscientisation des masses : ce n’est pour moi qu’un outil politique, qu’on devra renverser s’il arrive un jour au pouvoir, car je n’ai aucun doute que ceux qui s’installeront au pouvoir finiront par s’y corrompre : c’est une loi incontournable, sauf exception, mais on ne doit pas compter sur les exceptions.
Je ne compte pas sur les cadres d’un quelconque parti pour faire triompher la société communiste. C’est le peuple qui s’en chargera, et il n’aura pas besoin de guides pour renverser l’ordre établi : nous sommes arrivés à un taux de compétences dans la société largement suffisant, par contre la conscience politique est encore trop anesthésiée : encore quelques dizaines d’années et quelques coups de matraque de la dure réalité économique et écologique, et tout le monde comprendra un peu mieux les causes profondes des injustices, des guerres, et des dévastations.