1) oui mais le problème c’est que tu raisonnes sur des abses différentes de celles de Marx.
Du temps de Marx où la classe ouvrière était en plein développent, et durement exploité par un capitalisme à visage inhumain, la classe moyenne salariée quasiment inexistante. Donc pour Marx le prolétariat était un objet bien défini.
Par conséquent ton argument contre le socialisme scientifique est faux.
Là tu parles de la société moderne où la classe moyenne s’est largement développée, où des salariés peuvent gagner plus que des petits commerçants/artisans, il y a les salariés publics et privés qui ne se trouvent pas tout à fait dans la même situation etc....
En fait le vrai socialisme scientifique, c’est justement de réadapter la vision du prolétariat en dehors de la classe ouvrière, ou alors il n’est plus scientifique et matérialiste, mais idéaliste.
C’est ce qu’on peut observer dans des mouvements d’extrême gauche, qui semblent essentialiser le prolétariat dans la classe ouvrière.
Enfin bon je te rappelle quand même que le socialisme a pour but de faire disparaitre les classes, donc fondamentalement, ce n’est pas les catégories en elles même qui sont importantes, mais les rapports de pouvoir entre elles.
Enfin là en fait c’est toi qui essentialise les choses en une chose abstraite, puisque le prolétariat actuellement, c’est les salariés, donc les plus de 20 millions de travailleurs salariés du public et du privé.
Donc il n’y a pas de problème pour la vrai gauche actuellement : le prolétariat c’est les salariés qui sont soumis à des patrons, même si c’est l’état.
Donc je ne vois pas où est le problème, c’est toi qui crée un problème de façon artificielle.
Bon c’est vrai qu’entre un prof du public et un technicien de surface du privé, les problématiques ne sont pas les mêmes, du moins d’un point de vu théorique. Mais avec les politiques actuelles ces différences s’estompent, les conditions de travail des profs se dégradent, ils se font licencier en dépit du bon sens etc....
Donc au final leur situation se rapproche du travailleur privé. D’aileurs on a vu la première manif conjointe prof public avec prof privé.
Donc au final tout est une question de contexte, en période de croissance, il peut y avoir un écart entre les différentes composantes du prolétariat, mais actuellement toutes les différences sont entrain de s’estomper. Chômage, recul de la retraite, du pouvoir d’achat etc... tout ça touche tout le monde.
C’est à la gauche de montrer les points communs plutôt que les différences, pour les rassembler au delà de ces différences, bref le boulot classique de la gauche.
Surtout qu’actuellement l’ensemble des salariés ont un adversaire objectif qui fait tout pour dégrader leur situation à tous du maçon au prof d’université.
C’est donc une période où, si on veut rester dans le vocabulaire marxiste, où le prolétariat prend tout son sens dans la lutte des classes.
C’est un riche américain qui a dit "il y a une lutte des classes et c’est la mienne qui gagne"
Enfin personnellement je ne suis pas fan des catégorisations à tout va.
Le prolétariat n’a pas produit de culture ?
mais le rock et la pop c’est quoi d’après toi si ce n’est l’expression de la jeunesse du prolétariat moderne.
Les beatles, les rolling stones, U2, depeche mode, etc... c’est des fils de PDG, ou des enfants d’ouvriers ?
Et la génération hippie c’était bien aussi un mouvement du "prolétariat"
Après chaque mouvement de la musique rock et pop est le produit d’une partie de ce prolétariat, de ses spécificités sociales et historiques.
2) Il n’existait pas de mouvement léniniste ( pas de dictature par un parti élitiste ), c’était une alliance entre les divers courants socialistes français plus ou moins révolutinnnaires qui croyaient à leurs idées, sans la répression de Versailles, ils auraient donc poussé à l’extension du système sur toute la France. Et la IIIème république aurait eu une autre gueule, sans l’influence des royalistes au départ.
Mais enfin la droite sociétale et la gauche sociétale ça autant d’importance que l’économique , c’est toujours une histoire de rapports de dominations.
Je te rappelle que Jaurès avait dit qu’il fallait résoudre le problème de la laïcité avant de pouvoir entamer sereinement les transformations sociales. Les deux problèmes sont associés.
Il n’y pas de logique à prétendre libérer le peuple du capital, si c’est pour le laisser prisonnier d’un système sociétal de dominations et inégalités. C’est de l’hypocrisie.
L’émancipation du peuple passe à la fois par le sociétal et l’économique.
3) oui je suis d’accord, mais bon encore faut il que les petits propriétaires se joignent au salariés plutôt qu’aux élites économiques. Car ils ont tendance à voter politiquement pour des politiques qui favorisent d’abord les élites économiques (la droite).
Peut être que avec la situation actuelle, l’union serait possible, car ils souffrent aussi, et souffriront encore plus si les processus actuels continuent leurs chemins ( MES, ACTA etc... ). Quand les salriés n’auront plus assez pour s’acheter hors du strict nécessaire, ils se rendront compte que les intérêts des salariées peuvent être les leurs aussi.
Ils achèteront moins de voitures, moins de bijoux, moins de fringue, etc.... et donc le commerce périclitera. Le petit commerce n’a aucun intérêt dans une mondialisatin qui amène une dégradation importante du pouvoir d’achat des salariés (chômage, salaires etc...), car leur clientèle est locale, la situation du travailleur chinois ne le concerne pas mais celle de l’ouvrier français oui.