"La gauche" c’est quoi pour vous ? Si vous mettez dans le même panier l’aile droite du PS et le NPA, vous faites semblant d’argumenter.
La gauche marxiste ne s’intéresse pas d’emblée à l’idée de nation, du moins pas au sens commun du terme. Si par nation on entend "communauté de destin", la gauche marxiste considère que toute l’humanité est embarquée dans le même bateau, et donc qu’elle forme en puissance une nation, mais en puissance seulement, et il y a un processus entre l’état actuel de division des communautés de destin, et la communauté de destin en puissance que forme l’humanité.
L’erreur d’une bonne partie des représentants médiatiques de la gauche marxiste, c’est d’oublier la prégnance et l’inertie inhérentes aux structures cristallisées par l’histoire. Mais l’erreur symétrique, c’est de croire que tous les états-nations sont aussi solidement ancrés dans l’Histoire, que l’état-nation France, ou USA par exemple. enfin l’erreur la plus pitoyable est de voir les nations actuelles comme des aboutissements essentialisés de communautés de destin immuables, indépassables.
Pour en revenir à la notion de nation à gauche, elle est donc secondaire lorsqu’elle est entendue au sens commun. La notion première est celle de souveraineté du peuple. La question est donc de savoir quelle structure institutionnelle permet la souveraineté populaire, et il n’y a pas d’a priori là-dessus. A cet égard, il est indéniable que dans l’euphorie du projet européen, qui faisait "si bien" résonner les idéaux de fraternité entre les peuples, les dirigeants de la gauche marxiste se sont laissés griser par un vecteur splendide (la perspective d’amitié entre les peuples européens tant déchirés par l’Histoire) et n’ont pas gardé suffisamment chevillé au corps la fin (la souveraineté populaire).
Il y a aujourd’hui à gauche un vrai clivage entre ceux qui dégrisés retrouvent l’esprit originel et la pleine conscience de l’objectif de souveraineté du peuple (que vous soyez d’accord ou non avec les voies qu’ils proposent), et ceux qui ne voient pas suffisamment l’énorme déclin démocratique en Europe.
Bien entendu il y a dans ces deux camps, comme dans toute période de changement profond, de nombreuses divergences, et conceptions différentes (entre le NPA, le FdG et les chevènementistes d’une part, ou entre Montebourg et Hollande d’autre part, d’ailleurs Montebourg, en dehors de son choix politicien de rester au PS, a des conceptions bien plus proches de Mélenchon que de FH).
(désolé je tutoie ou vouvoie par réflexe, en oubliant parfois à qui je m’adresse)