Il y a comme je te l’ai déjà dit des variations très fortes de sensibilités !
Si tu écoutes JLM, tu ne peux vraiment pas dire qu’il hait la nation. Sa fierté vis à vis de son pays, et son patriotisme, sont patents et irritent même nombre de gens à l’extrême gauche.
Au NPA, parmi les vieux surtout, mais pas que, on a plus cette sorte de défiance coriace vis à vis de l’idée de nation.
"Pourquoi veux-t-on à tout prix, à droite et à gauche, dépasser la nation ?"
Ce n’est pas vrai ! En fait, tu vois sans doute toi-même la complexité de la question. Du point de vue d’une multinationale, on s’en fout un peu de la nation par exemple. L’essentiel, c’est : quelle est la structure institutionnelle et surtout le système économique, qui permettent de mieux servir mes intérêts ? Du point de vue américain par exemple, il y a la vision de l’ong terme d’une part et la tactique de moyen ou court terme, pour savoir comment jouer sur l’espace Européen afin de maintenir ses nations comme vassales dans l’Empire. Du point de vue allemand, c’est pareil, qu’est-ce qui sert nos intérêts ? Du point de vue du politicien moyen Français, force est de constater que la question c’est "comment je me fait réélire ? et vis à vis de la question nationale, la question précédente induit que "je fait pas trop de remous vis à vis du politiquement correct pro-européen", et donc à droite, je fonce à travers la logique autoritaire e ultra libérale de l’Europe, et à gauche je ne critique pas trop l’Europe en tant que projet progressiste mais je dis qu’il ne fonctionne pas bien. Il faut bien voir qu’il y a aussi au niveau de l’inconscient des peuples un vrai désir (moins palpable aujourd’hui) de faire la paix, et donc que le concept d’UE est arrivé à un moment où il était vendable, et où on a pas été assez regardant sur la marchandise...
Maintenant, je pense ne pas avoir répondu tout à fait à ce que tu demandais : pourquoi les gens qui veulent dépasser la nation...veulent-ils dépasser la nation. En fait, il y a plusieurs idées pas toutes compatibles :
- le niveau national, c’est pourri dans la lutte à mort du capitalisme mondialisé : il faut être plus gros pour être plus fort.
- il faut faire la paix, donc une intégration politique plus forte au niveau européen puis mondial.
Ca se défend, même si je ne suis pas d’accord, et toi non plus.
Je me situe plutôt d’un point de vue pragmatique :
1/ je ne vois pas pourquoi la France serait pus indépassable que les divers domaines féodaux qu’elle a unifiés pour se constituer.
2/ je me soucie avant tout de la souveraineté du peuple.
3/ je constate qu’il n’est pas possible en l’état de faire fonctionner une nation démocratique fédérale Européenne.
4/ il m’apparaît qu’on a tout à gagner à renforcer nos liens et notre coopération avec nos voisins (européens et méditerranéens), et surtout par l’expérience humaine, c’est pourquoi je suis un fan des expériences comme erasmus, qu’on devrait étendre pour tous, que ce soient les gamins, les artisans en formation : brasser de l’humain, améliore la bonne intelligence entre les peuples.
5/ je suis convaincu que faite n’importe comment, une fédération d’états provoquerait un énorme gâchis culturel, alors que faite consciencieusement et avec patience, elle serait hyper enrichissante et revitalisantes pour nos vieilles cultures.
Donc voilà, simplement, je suis pour les échanges culturels, l’ouverture, la perméabilité, mais tout ceci est secondaire par rapport à l’impératif de souveraineté démocratique.
Après, techniquement, il est normal qu’on ait pas tous la même appréciation de la méthode concrète. Comme tu sais je suis pour l’offensive intérieure et farouche (pas juste la négociation sympathique en respectant gentiment les traités), plutôt que pour le retrait stratégique : je pense que la première option est appropriée et pas la seconde, et comme je sais, tu n’es pas d’accord.