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Commentaire de Éric Guéguen sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie - Agoravox TV

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Commentaire de Éric Guéguen

sur Etienne Chouard : le tirage au sort comme possibilité de réelle démocratie


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Éric Guéguen Éric Guéguen 5 octobre 2012 15:33

@ ffi :
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Le problème est que vous partez d’un biais moderniste, réputé réaliste (que l’on doit beaucoup, au passage, à Machiavel) : la grande cause commune, c’est la recherche sempiternelle du confort particulier, et plutôt que de lier les êtres par le haut, par la vertu, ce qui demande trop d’efforts à la plupart des hommes qui sont des veaux (c’est un fait), plutôt les lier par l’appétence et la crainte de tout perdre (Hobbes). Partant de là, toute pensée dissidente qui remet la notion de vertu sur le tapis est jugée « utopiste ». Et il est certain que, dans notre monde désabusé, revenu de tout, les valeurs intellectuelles font doucement rigoler la plupart d’entre nous. Dans la formule « animal politique », on assume facilement le premier mot, on se défie du deuxième en se disant : « Qu’ai-je à y gagner ? » En conséquence de quoi, certains, comme vous semblez le faire, préfèrent compter sur les agrégats spontanés, les fameux corps intermédiaires en se disant qu’en agitant une carotte devant chacun de ces corps, on parviendra à les mener tous au même endroit au même moment.
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Je pense que l’on pâtit aujourd’hui de cinq siècles engagés dans cette voie, et qu’il serait grand temps de voir plus haut, d’atteindre l’âge mature de la politique. Je ne dis pas sombrer dans l’utopie et le rêve, mais tout en restant dans le concret, demander à chacun de repenser l’idée de finalité. Tout me semble lié à un mauvais aller-retour entre le tout et les parties. En tant que citoyens, nous faisons partie d’un tout, que nous le voulions ou non. D’un côté nous revendiquons une certaine liberté, nous déliant du tout, et de l’autre sommes bien contents de nous y réfugier en cas de coup dur, pour nous en extraire à toute force dès que l’on en a obtenu tout notre content. Voilà bien notre vision utilitariste des choses. Je dis que certains Anciens fonctionnaient à l’inverse exact : se considérant comme éléments indissociables du tout, ils (les philosophes) se battaient pour obtenir des libertés… en vue d’en faire profiter le tout sans lequel ils se sentaient abandonnés. Vision que Chouard a bien du mal, par ailleurs, à synthétiser de ses différentes lectures (pourtant, tout est dans Hansen). Autrement dit, les anciens pouvaient effectivement avoir une notion de ce qu’est réellement le « bien commun ». Douteriez-vous que le bien commun puisse être un absolu ? Eh bien si vous en êtes convaincu, il ne vous faudra que peu de temps pour vous apercevoir que les « corps intermédiaires », dont vous faites état, n’auront jamais en point de mire ce bien commun absolu, mais seulement un moyen de satisfaire une fin qui leur est propre au travers d’un prisme n’ayant plus rien d’universel. En quoi faisant ? Par exemple en abolissant le droit de suffrage, en tirant au sort de généreux volontaires (i.e. capables de donner de leur temps à la chose publique) après s’être enquis d’un minimum de fonds culturel de leur part, en assortissant le tout d’une reddition de comptes et d’une rotation des charges, toutes deux annuelles.
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Quant à Rousseau, il est certes inconséquent, mais inintelligent, j’ai bien du mal à le penser. Il demeure en tout cas l’un des plus profonds auteurs français en philosophie politique.


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