@ Hatsumi :
---------------
Bonsoir à vous, et merci de me bousculer. Vous avez raison, je me suis mal exprimé, partant, mal fait comprendre.
Ce que je veux dire, ce n’est pas que Spinoza se voulait le nouvel Aristote, mais qu’il avait à cœur de se confronter à lui. Il y a un livre intéressant à lire à ce sujet, et pas seulement sur l’éthique, mais sur l’ensemble des deux œuvres (pas très rock’n roll cependant, et truffé de citations latines) :
Spinoza - Une lecture d’Aristote, de Frédéric Manzini. L’auteur nous dévoile qu’après Descartes, la référence de l’époque, Aristote est le deuxième auteur le plus cité par Spinoza. Or, ce dernier, a prétendu qu’il se souciait finalement bien peu des écrits de Platon et d’Aristote. Il m’est avis que Spinoza s’est confronté aux Grecs, et en a fait des modèles à déboulonner, sans vouloir le reconnaître explicitement.
De fait, sur un plan politique, Spinoza était l’un des rares auteurs de l’époque à ne pas être contractualiste - comme Hobbes avant lui, Locke en même temps que lui ou Rousseau après lui -et à se montrer déterministe. Pour lui, l’homme est naturellement disposé à vivre en société, ce qui l’apparente sur ce point à Aristote. Ce qui l’en différencie, en revanche, c’est que contrairement au Grec, Spinoza n’est pas finaliste et s’accommode aisément de la liberté des Modernes et de la régulation des passions comme moteur politique (suite à Machiavel).
Son conatus est une sorte de puissance dont l’actualisation reste à définir, contrairement à l’entéléchie close d’Aristote.
Bref, je me suis certes mal exprimé, mais Spinoza a clairement cherché à égaler, puis surpasser Aristote. Leibniz s’en est beaucoup inspiré aussi, d’ailleurs.
------------
Enfin, sur un plan proprement éthique, l’ouvrage de Spinoza est majeur (pour répondre aussi à Yohann par la même occasion), mais celui d’Aristote est fondateur (avec le Ménon, bien sûr). Quant aux Stoïciens, je ne pense pas que l’on puisse vraiment les associer à Spinoza. Les Stoïciens partaient du principe qu’ils devaient se rendre capables de contrôler leur passions. Or, comme dit plus haut, Spinoza, non seulement nie que cela puisse se faire, mais ils se sert au contraire des passions. Aristote, en revanche, prend tout à fait en compte que tout ne dépend pas de soi, que la Raison ne peut pas tout et qu’elle doit parfois composer avec les aléas...
-------------------
Vous ai-je répondu ?
Cdlt,
EG