"L’ anarchie, c’est bien pratique, cela permet d’ avoir toujours raison, de ne croire en rien, et donc d’ être bien peinard." Une certaine forme d’anarchisme "new age" peut être considérer comme cela... Même si votre critique est plus caricaturale que pertinente. Après tout se dire anarchiste ne mange pas de pain et c’est pas parce qu’on se dit anar qu’on l’est réellement. Bricmont fait la critique d’un certain anarchisme à la fin de la conf en lisant un extrait du texte de Bookchin : Anarchisme socialiste ou anarchisme lifestyle. :
"De nos jours le contexte social réactionnaire explique grandement
l’émergence d’un phénomène dans l’anarchisme américano-européen qui ne
peut être ignoré : la propagation de l’anarchisme individualiste. A une
époque où même les formes respectables du socialisme sont dans une
retraite désordonnée des principes qui pourraient de toute façon être
interprété comme radical, les questions de style de vie supplantent une
fois de plus l’action sociale et les politiques révolutionnaires de
l’anarchisme. Dans l’individualisme libéral traditionnel des Etats-Unis
et d’Angleterre, les années 1990 sont inondées de pseudos anarchistes
qui (leur rhétorique radical exubérante mise à part) cultivent un
anarcho-individualisme que je qualifierai d’anarchisme lifestyle. Ses
préoccupations de l’ego et ses spécificités et ses concepts polymorphes
de résistance érodent progressivement le caractère socialiste de la
tradition libertaire. Pas moins que le marxisme et les autres
socialismes, l’anarchisme peut être profondément influencé par
l’environnement bourgeois auquel il prétend s’opposer, en conséquence
l’accroissement de « l’intériorité » et du narcissisme de la génération
yuppie [2] ont laissé leur marque sur beaucoup de radicaux avérés.
Aventurisme improvisé, bravoure personnelle, une aversion pour la
théorie étrangement proche des bases antirationnelles du
post-modernisme, célébrations d’incohérences théorique (pluralisme), un
engagement essentiellement apolitique et anti-organisationnel à
l’imagination, au désir, et à l’ecstasy, et un enchantement intensément
auto-orienté voué à la vie de tous les jours, refléte le glas que la
réaction sociale a prise sur l’anarchisme américano-européen au cours
des deux décades passées."
(...)
Leur pedigree idéologique est à la base libéral, basé sur le mythe d’une
autonomie entièrement individuelle dont-ils clament
l’auto-souveraineté, ils sont validés par des ’droits naturels’
axiomatique, des valeurs intrinsèques, ou, à un niveau sophistiqué plus
élevé, un égo Kantien intuitif transcendantal qui est génératif de
toutes les réalités que l’on peut connaitre. Cette surface de point de
vue traditionnels dans le ’je’ ou l’égo de Max Stirner , qui partage
avec l’existentialisme une tendance à absorber toute la réalité en
lui-même, comme si l’univers tournait sur les choix de l’individu
auto-orienté.
Des travaux plus récents sur l’anarchisme lifestyle
généralement évitait dans la souveraineté Stirnerienne, ‘je’ englobant
tout, bien que gardant ses accents égocentriques, et s’entretient avec
l’existentialisme, recyclait le Situationnisme, le Bouddhisme, le
Taoïsme, l’antirationalisme et le primitivisme (ou, tout à fait
oecuméniquement, tous dans des permutations diverses. Leur communautés,
comme nous verrons, sont évocatrices d’un retour innocent à un original,
souvent diffus, et même un égo infantile irritant qui précède
ostensiblement l’histoire, la civilisation, et une technologie
sophistiquée (éventuellement le langage lui-même) et ils ont nourris
plus d’une idéologie politique réactionnaire à travers le siècle passé."