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Commentaire de Éric Guéguen sur Conférence de Jean-Claude Michéa : le socialisme, d'Orwell à BHL - Agoravox TV

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Commentaire de Éric Guéguen

sur Conférence de Jean-Claude Michéa : le socialisme, d'Orwell à BHL


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Éric Guéguen Éric Guéguen 8 janvier 2013 10:19

@ Mr.Kout :
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Je vous dois une réponse, et voilà comment je l’amènerais.
Ce que je déplore, personnellement, dans l’intervention de Michéa, c’est qu’il se prétende encore "socialiste". Pour moi, le socialisme est mort, et bientôt enterré. Je peux comprendre, bien entendu, que l’on se revendique encore "de gauche", mais pas socialiste.
Le socialisme est daté, il remonte à Saint-Simon (dont on vient curieusement de rééditer les œuvres complètes), pas à Pierre Leroux. c’est une idéologie d’essence individualiste, comme toutes les idéologies modernes, mais qui se soucie simplement davantage de la masse indigente que de la majorité possédante. En cela, je pourrais fort bien être de gauche, mais étant donné qu’elle se contente de faire obtenir aux pauvres le même droit au contentement matériel, à la boulimie consumériste, elle m’horripile et je ne la prends pas au sérieux. La gauche, pour moi, est vouée à être cocufiée par la droite, et elle en redemande.
Michéa, d’une grande intelligence, le sait fort bien et c’est la raison pour laquelle je trouve incohérent de sa part de défendre une idéologie moribonde, fût-ce en simple hommage à Orwell et Lasch, ses maîtres à penser (au passage, examinez ma page de présentation perso, vous y trouverez ET Orwell, ET Lasch).
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À présent, je peux vous répondre plus clairement (vous allez tout de suite voir où je veux en venir) :
Je suis en effet convaincu qu’il y a UNE "vérité humaine", que nos subjectivités masquent à plus ou moins haut niveau. Il y a en ce sens moyen de tendre vers l’objectivité, ce qui consiste à sortir de soi pour considérer une entité extérieure. Quelle est cette entité ? La communauté à laquelle j’appartiens, à laquelle je DOIS le respect et dont je suis redevable, quoi qu’on en dise. Je ne dis pas que je suis redevable des gens que je croise dans la rue, je suis redevable de mon pays, de ma nation, en tant qu’œuvre historique, spirituelle, politique, institutionnelle, culturelle, religieuse également.
Je suis donc attaché au collectif, et je fais passer ce collectif AVANT l’individu... contrairement au socialisme. Le socialisme fait passer l’individu avant, mais, conscient qu’il demeure que les pleines latitudes laissées à l’individu engendrent inévitablement des inégalités qui lui répugnent, il tente de créer des communautés de substitution. C’est-à-dire que le socialisme part de l’individu originel et vient nous chanter les louanges du collectif pour soulager les pauvres. Or, le collectif n’est pas au service des pauvres, pas plus qu’il n’est au service des riches, des gros, des barbus, des femmes végétariennes ou des enfants roux.
Le collectif est notre œuvre commune. Et c’est là que joue la faculté de l’individu à tendre vers l’objectivité, à sortir de soi pour mesurer combien le sort du tout peut importer davantage que les caprices des parties. Croyez-le ou non, j’essaie, pour ma part, de toujours raisonner comme ça, c’est-à-dire de ne pas revendiquer plus que mon dû, non par respect pour mon prochain (on ne peut respecter tout le monde et tout le monde n’est d’ailleurs pas respectable) ni des fameux droits de l’homme, mais par amour pour l’œuvre commune. En prenant plus que ma part, j’empêche peut-être quelqu’un d’évoluer dans son être et je lèse d’autant l’œuvre commune du fait que cette personne sera empêchée de donner le meilleur dont elle est capable en tablant sur son dû, et que je déteste ou non cette personne importe peu. Voilà en quoi je suis "objectif", voilà en quoi je crois aux valeurs, à la vérité, à la vertu, à la probité. Même si les gens probes seront toujours moins nombreux que les jeanfoutres, le simple fait qu’il en existe un seul "exemplaire" me réconcilie avec l’espèce et me porte à croire en l’homme.
Voyez que ça n’a strictement, mais strictement rien à voir avec le socialisme ! smiley
Alors certains me trouveront rêveurs et, paradoxalement, c’est parce que je suis "individualiste" dans ma réflexion, contrairement à beaucoup qui se revendiquent "individualistes" par ailleurs. Je veux dire que je le suis dans la mesure où peu m’importe que la probité ait ou non du succès, peu m’importe que la masse soit majoritairement vile (ou non), c’est une histoire entre moi et l’œuvre commune, entre mon dû et le sort de ma communauté, politiquement comme esthétiquement parlant.


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