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Commentaire de Éric Guéguen sur Conférence de Jean-Claude Michéa : le socialisme, d'Orwell à BHL - Agoravox TV

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Commentaire de Éric Guéguen

sur Conférence de Jean-Claude Michéa : le socialisme, d'Orwell à BHL


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Éric Guéguen Éric Guéguen 8 janvier 2013 15:12

@ Machiavel1983 :
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Très bonnes questions de votre part.
1. Concernant le distinguo gauche/socialisme, je n’ai pas été suffisamment clair. Le socialisme appartient, il me semble, à un courant de pensée dans lequel se retrouvent celles et ceux qui ne se satisfont pas de l’état de l’individu délié ET qui sont soucieux de faire de l’égalité une valeur entre toutes. Ce courant, c’est la gauche. Parallèlement, la droite aura tendance à favoriser les initiatives individuelles, donc elle défend davantage les libertés. Mais même ce schéma est assez réducteur, puisqu’il existe des anars - individus épris de libertés - à gauche d’une part, et que le patriotisme - primauté du collectif - est revendiqué par une certaine droite.
Au final, ce qui me semble être spécifique d’une dichotomie gauche/droite, c’est le combat pour l’égalité face au besoin de hiérarchie (ce n’est que mon point de vue). Lorsque je dis que je "pourrais" être de gauche, c’est eu égard au souci du collectif, trop peu revendiqué à droite, abandonné au Front national. Mais vu leur hostilité au besoin de hiérarchie, je m’en garderais bien. En effet, la hiérarchie est à mes yeux inhérente aux sociétés humaines ; nous souffrons de nos jours de refuser de le voir officiellement, et de permettre officieusement à des hiérarchies iniques (financières) d’avoir la main sur tout.
Donc pour moi, la gauche restera la gauche, mais le socialisme, en tant qu’idéologie qui a le cul entre deux chaises, est condamné. L’homme de gauche ne révère pas forcément l’argent, le socialiste oui, c’est la raison pour laquelle il court après le capitaliste et le fustige.
En somme, le capitaliste est un mec qui scie la branche sur laquelle il se trouve. Le socialiste est assis sur la même branche, et il se permet de dire à l’autre : "tu vas te casser la gueule, connard !"
Remarque : j’ai beaucoup aimé la référence de Michéa à la sociologie, qui lui sert à dire que le socialisme ne se résume pas à cette pseudo-science (bien d’accord avec lui quant au caractère "scientifique" de la sociologie, majoritairement de gauche, comme par hasard). Mais j’aurais plutôt dit que la gauche - et heureusement pour elle ! - ne se limite pas à cette idéologie économique qu’est le socialisme (en y incluant la sociologie).
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2. Sur le divin :
Très intéressant votre remarque, et nous en avons déjà parlé. Il se trouve que je suis croyant, catholique. Mais je suis certain que cela n’a rien à voir avec ce que j’avance politiquement. En revanche, il y a un élément qui est pour moi fondamental, c’est la transcendance. La transcendance ne se résume pas dans le divin, il n’y a pas besoin de croire en Dieu pour "sortir de soi" (il est des choses qui nous dépassent et qui peuvent être aisément envisagées sans force divine). Par contre, je crois - que dis-je - je suis certain que j’ai une âme. Un croyant cohérent est convaincu de la même chose. Mais il n’y a pas que les croyants à "savoir" que l’âme existe. Et je me suis rendu compte - truc tout bête mais primordial - que TOUS les penseurs de l’Antiquité étaient convaincus d’avoir une âme. Pas par superstition, ils savaient qu’ils avaient une âme, simplement. Même les atomistes, les Leucippe, les Démocrite, Épicure et Lucrèce "croyaient" en le principe d’âme. Je suis en train de suivre un séminaire sur la psychologie platonicienne et il est surprenant de constater que toute la pensée de cet auteur majeur tourne autour de la "psuche", de l’âme, et qu’avant lui était déjà présent ne serait-ce qu’un "souffle vital" (chez Homère notamment).
C’est quelque chose d’important car je suis convaincu que l’on doit le soin à son âme comme on le doit à son corps. Pas dans l’optique d’un Dieu punisseur, mais simplement par amour de la santé et des belles choses (je fais de la philo exactement comme je fais du sport). Je fais le mal, comme tout le monde, mais d’une part quand je fais le mal je sais que c’est un mal (ce n’est pas un sentiment subjectif, c’est un fait) et d’autre part, ce mal "se voit" sur mon âme en quelque sorte, la stigmatise, comme une prise d’embonpoint après la période des fêtes et ses excès se voit sur le corps.
Alors, la question devient : et pour ceux qui ne croient pas en l’existence de l’âme ? Loin de moi l’idée de les convaincre de quoi que ce soit de tout à fait abstrait (j’en conviens), j’en serais bien incapable et ce serait odieux de ma part, mais il leur faut, il me semble, un équivalent qui puisse leur permettre une "sortie d’eux-mêmes". Je pense notamment à tous les moyens de mettre en valeur l’autre pôle politique de ce que je pronostique : la mise en valeur de cette "œuvre commune"...
À suivre !


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