Rapidement (désolé) :
1. Exact. L’égalité est LE culte en vigueur. c’est au travers de cette valeur que tout se conjugue. La remettre en question, c’est tomber dans le camp du mal.
Or, tout le monde sait au fond que l’égalité n’est que formelle, et que la nature se contrefout de l’égalité. La nature veille à l’harmonie, à l’homéostasie de l’écosystème. L’égalité n’en est tout au plus qu’un moment, qu’un accident.
2. Pas d’accord sur Marx. Il n’était pas un apôtre du Dieu-Égalité, certes, mais il n’empêche qu’il n’était pas question pour lui de finalité commune, simplement de confort partagé, fût-ce en vue d’avoir accès, par la suite, à la quête de la connaissance (elle aussi individuelle). Lisez Dumont, il ne vous convaincra peut-être pas mais vous verrez, c’est passionnant (et assez vite lu).
3. Il faut se rappeler qu’Aristote n’a aucune notion des monothéismes que l’on connaît et que l’on a en tête lorsque l’on parle de religions. La notion de progrès, qui découle notamment d’un cheminement entre la Chute et l’accès au Paradis, est totalement anachronique dans l’Antiquité grecque. Il ne faut pas analyser Aristote en fonction de nos religions, tout simplement. Ce même si des représentants des trois monothéismes ont tenté d’accorder leur culte avec les penseurs païens (Platon et son disciple notamment).
D’où cette certitude qui est la mienne : même si de tout temps il y a eu des religions, on ne peut pas réduire la transcendance à du divin. La nation, par exemple, est un élément transcendant, pourtant typiquement laïc.