1. Rousseau distingue très nettement souveraineté ET gouvernement pour prémunir le peuple contre la tyrannie (il a lu Bodin, il n’a rien inventé). Et après, que fait-il de cette distinction ? Rien. Les partisans du gouvernement représentatif, eux, s’en sont saisi, laissant au peuple la "souveraineté", et se réservant le reste.
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2. Mon clavier a fourché. J’ai dit "Rousseau se défie de l’économie et de la politique..." C’est une grosse connerie, le mot "politique" n’avait rien à faire là, désolé (j’écris très vite et je bâcle un peu, je suis au boulot).
Je ne dis pas que Rousseau a tort parce qu’il n’applique pas les principes d’Aristote. Je dis que le second a le mérite de la cohérence, pas le premier. Parler de contrat social, c’est-à-dire d’une déliaison originelle et d’une politique purement volontariste, puis chanter les louanges de la volonté générale, supérieure à la somme des volontés particulières, c’est ménager la chèvre et le chou, car c’est prétendre que quelque chose transcende la somme sèche des individus cocontractants. Or, que pourrait bien être cette "chose", si ce n’est une communauté originelle ? À quoi sert alors un "contrat social", si ce n’est à flatter l’orgueil humain ?
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3. Ce n’est pas un mythe. Lisez le second Discours, vous comprendrez l’état de nature selon Rousseau. Attention à ne pas se défier de toutes les attaques portées contre Rousseau sous prétexte que son "pire ennemi" - Voltaire - est devenu l’homme perfide à abattre ! 