J’essaie juste de lier possibilité historique et théorie. Merci j’ai lu Smith, Ricardo, Constant, Hayek, Voltaire et Friedman, Mill et Bentham pour l’utilitarisme, je connais très bien le mercantilisme,qui ne peut en aucun cas être approché du libéralisme, sauf dans une perspective historique. Le libéralisme économique naît certes comme réponse au mercantilisme anglo-saxon (son laboratoire était d’ailleurs la colonie des Indes britanniques), mais a ceci de particulier d’être la première théorie en politique économique à prétention universelle, à systématiser en un corps de doctrine des règles. S’il naît en Angleterre, alors première puissance industrielle ce n’est pas pour rien. Comme ce n’est pas un hasard que le protectionnisme de Friedrich Liest naît en Allemagne puis aux USA, deux pays en retard industriellement sur les grandes puissances pour protéger le développement industriel, ce qui a plutôt bien réussi. Comme ce n’est pas un hasard si les USA ont adopté une économie libérale depuis qu’ils sont tout puissant.
Le libéralisme est effectivement une philosophie c’est ce que je me tue à dire depuis avant. C’est un fait social total, qui comprend toutes les sphères de la société, d’où mon interrogation sur la cohésion sociale. L’échange entre le Congo et les USA ou la France est libéral au sens économique. Si le Congo n’est pas un pays libéral, c’est bien la preuve que n’importe quel pays ne peut pas le devenir, il faut une préparation anthropologique particulière, ou alors elle se fait dans la violence. On a beau appelé ça droit naturel ou liberté naturelle, c’est de la cosmétique théorique. Ok j’ai le droit de dire ce que je veux, mais tant que cela n’empiète pas sur la liberté de mon voisin. Ou alors je peux penser ce que je veux sans le dire ? Or comment définir cette liberté ? Quel est l’imaginaire collectif auquel l’homme, qui comme le dirait Hannah Arendt, sent bien qu’il ne peut vivre sans fidélité, peut se rattacher ? Vu que tout imaginaire collectif, toute position spirituelle, sont privatisés ? Comme le dit Michéa, c’est le Droit et le Marché qui doivent lier socialement. Or, la logique du donnant-donnant, contractualiste et calculatrice est-elle suffisante ? Le libéralisme culturel est la négation de tout particularisme, vu que les traits caractérisant les groupes d’appartenance sont privatisés, sont spécifiques à l’individu. Or, comme le montre bien Lasch, l’universel, c’est bien le particularisme moins les murs, c’est-à-dire des collectifs différents l’un de l’autre interagissant entre eux, de manière marchande et non-marchande. Un libéralisme total suppose une destruction des particularismes,