Personne n’a dit que travailler était nul, mais travailler 8h30 par jour (sur 24 donc) pour quelqu’un que nous n’aimons généralement pas, pour un travail qui ne sert souvent à rien, qui est aliénant, ça nous vole la vie. Toutes les avancées technologiques fantastiques n’ont jamais servi à baisser le temps de travail, mais à enrichir ceux qui le sont déjà.
Par ailleurs, il y a fort risque de surproduction en effet, c’est l’analyse marxiste de base, de comptoir comme vous diriez. Mais l’analyse économique n’est qu’un niveau parmi d’autres. Ne pas confondre ainsi surproduction et abondance (voir le passionnant Marshall Sahlins). Une société d’abondance est une société où tous les désirs matériels sont satisfaits. Les sociétés dites primitives ou nomades ont en ce sens ce qu’ils désirent, se plaçant dans un environnement qui leur donne en abondance ce qu’ils veulent. La société dite de consommation crée les désirs par la propagande publicitaire, ce qui crée à chaque fois de nouveaux désirs, une nouvelle insatisfaction. On est dans un cycle d’insatisfaction, où dès que l’on a ce que l’ont veut, on désire autre chose. En ce sens nous sommes ni dans une société de consommation, ni dans une société d’abondance.
Tout ça pour dire qu’on ne peut faire de la dissidence sans idéaux - c’est d’ailleurs la force du libéralisme d’avoir éteint la dissidence en privatisant la morale, les idéaux - c’est ce que je constate après 3-4 ans de raison intensive.