Il est clair qu’un système centralisé permet de fabriquer de la très haute valeur ajoutée (par exemple, des puces électroniques). Cependant, s’il est utilisé pour distribuer des vêtements d’un continent à un autre, ou de la nourriture, il y a des chances que le bilan de la centralisation soit négatif. Le plus grand reproche que l’on puisse faire à la centralisation, c’est qu’elle s’accompagne (dans le capitalisme) d’une centralisation des décisions (dictature) et d’une prise en otage des non décideurs (dépendants des décisions prises pour leur approvisionnement et pour leur activité).
Quand on tuait un cochon dans un village avant le pétrole, rien n’était gaspillé (tout est bon dans le cochon). Maintenant, sans parler de la baisse énorme de qualité, un cochon peut très bien se retrouver à la poubelle (difficile de bien choisir un prix à l’avance).
Si l’on regarde la consommation d’énergie par utilisation, alors on voit que le résidentiel et les transports utilisent plus de la moitié de l’énergie. Dans une société qui rechercherait l’efficacité, les transports représenteraient la même chose que l’agriculture et le résidentiel devrait fournir de l’énergie. Supprimer l’obsolescence programmée diviserait aussi la facture énergétique industrielle. Le bilan, c’est que le gaspillage domine largement.
D’une part je pense que dans le secteur primaire, l’utilisation des machines est destructive même si elle est actuellement très productive (monoculture obligatoire, donc pesticides indispensables, destruction des sols, rendement plus faible qu’une agriculture artisanale, bilan énergétique négatif,...) et d’autre le part, le travail devrait complètement disparaître dans les autres secteurs. Dans l’industrie, on est avantageusement remplacé par des machines. Pour ce qui est du tertiaire (c’est là d’où je viens), il est clair que la finalité est la plupart du temps complètement improductive (assurances, banques, informatique volontairement rendue obsolète...). Donc si le travail disparait et que les machines ne savent pas (encore ?) respecter la nature, l’intelligence serait d’affecter la main d’oeuvre au secteur primaire quasiment exclusivement (là où les machines actuelles font du très mauvais travail), ce que nos sociétés trouveraient totalement rétrograde.
Mais comme on se battra encore dans 100 ans pour savoir comment répartir la production des machines et que le travail de la terre sera toujours aussi salissant, à l’avenir, les gens mangeront peut-être du synthétique avec un chômage à 50% (sans parler de l’insécurité qui accompagnerait un tel scénario).