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Commentaire de O Scugnizzo sur Psychologie des foules (Gustave Le Bon) - Agoravox TV

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Commentaire de O Scugnizzo

sur Psychologie des foules (Gustave Le Bon)


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O Scugnizzo O Scugnizzo 12 juin 2013 12:54

Je l’ai toujours trouvé mauvais ce Lebon. Et je crois que Soral ici n’a pas compris grand chose. Il y a déjà l’absence de la figure d’intermédiaire entre foule et individu, tant complexe qu’essentielle (Mead). Suis-je individu ou foule ? Et on en reste au niveau 1 d’analyse parmi les 4 essentiels mis en avant par Doise : 1. La foule rend les individus dangereux et irrationnels. 2 Les individus sont malléables. 3 Désindividuation comme expérience collective affirmant l’identité d’un groupe par rapport à l’autre. 4 La question de l’engagement de la cause par la transcendance du Je (et non du Soi). Y a aussi le problème du contexte, quels sont les processus sociaux amenant la foule et la formation de cette idéologie commune ? La foule est-elle toujours dangereuse ? Pour qui ? Pour quoi ?


Gollum qui pointe du doigt le marxisme me fait doucement rigoler. Toute politique trouvant sa légitimité (tout du moins concernant les Etats-nations) dans : 1 adhésion (propagande) 2 force. Le marxisme est une idéologie révolutionnaire des masses, et en tant que telle elle est forcément vouée au mouvement de masse. Le libéralisme économique forcément déplace des masses aussi, non pas à la révolution, mais à la production ou la consommation. Lorsque nous nous trouvons dans le trafic aux heures de pointe, il y a foule, lorsque nous sommes le samedi au supermarché, il y a foule. Elle est domestiquée. Elle est pourtant dans l’action. D’un côté nous avons le marxisme qui prône le mouvement pour atteindre un état (donc action temporaire) et de l’autre le capitalisme qui prône le mouvement continu (toujours plus produire, toujours plus consommer).

Et justement, la psychologie des foules est là pour dénoncer la dangerosité des masses ouvrières dans quel cas elles venaient à se rebeller, si bien que ce n’est pas un hasard si elle a connu un immense succès aux USA, pays libéral par excellence. La psychologie des foules nait d’une idéologie double : occidentale par la constante mise en lien entre deux termes opposés essentialisés (et non pas mis en dialectique) (émotionnel/rationnel, individu/foule, bien/mal, sauvage/civilisé, eux/nous, réflexion/action etc) et individualiste libérale (foule ennemi de l’individu). Elle est la fille non pas d’une réflexion neutre et poussée mais du symbolisme particulier (occidental élitiste) de la foule (désordre, sauvage, animale etc), décrétant la mise à mort du jugement autonome individuel par l’entrée "en foule".

S’il me semble clair que la participation au mouvement de foule inclut un processus de désindividuation c’est uniquement parce qu’elle augmente la saillance des normes situationnelles. C’est-à-dire que la question n’est pas tant la foule (ce qui empêche de réfléchir sur les enjeux et problèmes sociaux) mais plutôt les normes situationnelles. Autrement dit, le groupe n’est pas intrinsèquement sauvage, il créé également ses propres normes de façon par ailleurs non-autonome (influence du système social), la foule ne fait pas n’importe quoi. Si les politiciens n’écoutent pas les masses, et que celles-ci marchent vers le Parlement pour protester, ce sont les politiciens qui sont d’abord visés. Si la police protège les politiciens corrompus, alors la foule se définira en fonction de l’opposition policière d’abord et agira en conséquence. Il y a une certaine rationalité. Il y a réflexion hétérogène (suivant les moyens) des individus avant le mouvement de foule, ce qu’occulte la théorie de Lebon, justifiant le statu quo décidé par une petite classe dominante.

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