Je ne doute pas qu’il y ait à redire des deux côtés mais... ça rappelle
quand même un peu beaucoup la Libye, le vilain dictateur autoritaire
qu’il faut abattre et à la fin, on sait ce que ça a donné. Bachar n’est
sans doute pas un enfant de chœur non plus, pas plus que ne l’était
Kadhafi mais au moins, ce dernier faisait régner l’ordre dans son pays.
Ce qui permettait à chacun de vivre sous le coup d’une loi certes dure,
poigne de fer "sed lex", un semblant d’ordre au moins, et au pays d’être
en passe avant sa chute de devenir un peu la locomotive d’une Afrique
qui en avait bien besoin pour son développement.
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Ça n’empêchera jamais BHL
de dire que cette guerre en Libye fut la première défaite politique de
l’islamisme, mais vous et moi ne savons que trop bien ce qu’il en est :
des rebelles fanatiques qui ont pris le pouvoir "grâce à nous" et dont
la toute première décision publique consista à rétablir la charia, ou un
truc dans le genre, juste avant que le pays n’éclate comme l’avaient
prédit ces farfelus de Meyssan ou de Ramadan entre autres. C’est
aujourd’hui le chaos qui règne en Libye, comme en Irak ou ailleurs,
suffit d’une recherche sur Google actu pour l’apprendre ou s’en
souvenir.
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Je crains que la même chose ne se produise en Syrie,
avec des rebelles encore plus cinglés si possible, équipés et soutenus
par l’Occident pour faire tomber le régime certes autoritaire, mais
relativement laïc et progressif de "Bachar" (comme dirait Fabius...
genre "mon pote que j’appelle par son prénom"). Les minorités
chrétiennes du pays se pissent dessus, terrorisées à l’idée que ce
pouvoir central qui jusqu’à maintenant les protégeait, puisse tomber et
laisser la place à des égorgeurs. Le chaos dans ce qu’il a de pire,
comme un avant-goût de l’enfer en HD.
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Pendant ce temps à l’ONU,
le choix du successeur du non-encore-défunt "Bachar" a été fait par la
France, la Russie, le monde entier à l’exception notable du peuple
syrien (qui a-t-on appris, soutiendrait plutôt le régime), et ce choix
s’est porté sur un homme d’affaire américano-syrien proche des Frères
musulmans établi (tant qu’à faire) aux USA depuis qu’il y est allé faire
ses études dans les années 1980... cherchez l’erreur. L’opposition
"choisit" son successeur et le peuple, lui, devra faire avec. Rien de
nouveau depuis les élections de 2012 "boycottées" par l’opposition comme
par la sacro-sainte "communauté internationale" (également connue sous
le nom de "monde occidental").
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Pour toutes ces raisons, je
persiste à penser que le régime en place n’est pas idéal mais que c’est
un "moindre mal" pour le peuple aujourd’hui déchiré par une guerre non
pas civile, mais religieuse et — surtout — venue de l’extérieur. La
démocratie verra le jour en Syrie quand la Syrie sera prête à
l’accueillir mais ce n’est pas à l’Occident de la lui imposer et de
toute façon, ce n’est pas (à mon avis) son intention que d’"émanciper"
le peuple syrien. Tout ça c’est rien qu’un condensé de vomi néo-colonial
sanguinaire sur fond de censure et de propagande pour le plus grand
malheur de gens qui, au fond, ne demandent qu’à vivre en paix... mais
c’est déjà plus qu’on ne daigne leur accorder.