Pardonné, Vaquette ? Mais bien entendu. Disons que notre conversation a démarré de manière plutôt véhémente. La lumière qui en jaillira éventuellement n’en serait que plus belle. Je prendrai le temps de bien lire ton long message et d’y répondre ensuite.
En attendant, petit cadeau (si tu n’avais jamais écouté cette émission) qui permettra également de discuter plus avant si ça te dit : le tribunal des flagrants délires - Invité : Léo Ferré http://www.youtube.com/watch?v=sfarADT27v0
vers 13 minutes = je trouve important ce qu’il dit joliment sur le "système" et ce qu’il suggère sur la reconnaissance minimale et mutuelle que se doivent l’artiste et le public.
vers 15 minutes 30 = définition de l’anarchie selon Ferré (la négation de toute autorité d’où qu’elle vienne) et évocation de la suppression des intermédiaires. Comme tu l’avais dit dans une de tes videos l’anarchie ne signifie pas qu’il n’y a pas d’organisation, ni de règles de base de vie en société. L’anarchie permettrait une société sans autorité. Là on rentre dans le voeu pieux. Tu vois pour moi un éditeur est une forme d’autorité, un media aussi. Mais n’entamons pas de débats fumeux...
vers 39 minutes 30 = plaidoirie de Rego (et une fois de plus je la trouve meilleure que le réquisitoire de Desproges, comme lors de l’émission avec Le Pen). "Pas de maître, que des centimètres !", moi je trouve ça merveilleux, je n’y aurais jamais pensé.
Pour avoir commis et tenter encore parfois de commettre des textes drôles (que tu trouverais, je pense, de facture dramatiquement classique) je comprends parfaitement tout l’enjeu qu’il y a à présenter son travail, encore plus lorsque l’on se trouve devant un public. Il y a là-dedans du narcissime et de la prétention, c’est vrai et il en faut pour considérer que ce que l’on a conçu tout seul dans son coin peut potentiellement intéressé quelqu’un d’autre. Mais ce qu’oublient souvent les détracteurs c’est que cette attitude est également courageuse, généreuse et qu’elle induit une confiance dans les autres (le fait que ces autres comprennent votre démarche). Quand cette confiance est déçue on se retrouve par terre. L’être qui se relève alors est alors à la fois plus fort, heureusement, plus dur et aussi un peu plus amer. Et l’amertume n’est agréable qu’à petite dose, même dans la bière.
Bref, j’arrête ce post ici et je reprends le fil de notre conversation demain si tu veux bien. A bientôt Vaquette.