L’idée du FN de sortir de l’euro est bonne, mais la mise en œuvre
concrète de la mesure risque de s’avérer catastrophique si elle n’est pas faite correctement. En particulier, un référendum sur une sortie de l’euro proposé par le FN est
irréaliste car l’économie française souffrirait énormément pendant la période de référendum,
sauf si le résultat du référendum est escompté favorable au maintien de la France
dans l’euro. Sinon dans le cas contraire et dans la perspective d’une dévaluation
inévitable du franc par rapport à l’euro, il y aurait des fuites des capitaux qu’on peut certes essayer de maîtriser, des
ventes massives des actifs français sur les marchés financiers, un rationnement du crédit, éventuellement un
blocus monétaire organisé par la BCE des banques françaises qui voudraient s’alimenter
en euros, comme celle-ci l’a déjà fait pour Chypre, une quasi-impossibilité de l’Etat de lever de l’argent sur les marchés financiers s’il en a besoin :
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/03/20/20002-20130320ARTFIG00726-la-bce-organise-le-blocus-monetaire-de-l-ile.php
C’est pourquoi certains économistes évoquant la situation de pays en crise
voulant sortir de l’euro ont indiqué qu’il leur fallait agir vite et sans
prévenir. Je n’entre pas dans les détails. Quant au protectionnisme : Attention
il ne peut pas y avoir aucun protectionnisme en droits de douane vis-à-vis de l’Allemagne
et d’autres pays de la zone euro car ils en feraient autant, et très peu de protectionnisme
pour l’extérieur de la zone euro. La souveraineté monétaire avec un taux de change
adapté à l’économie française et la possibilité retrouvée de monétiser la dette
publique et de soutenir l’économie par l’action de la banque centrale, étant les
principales protections retrouvées. Ça n’enlèvera
pas la nécessité, évoquée constamment aujourd’hui, de réduire les dépenses
publiques pour abaisser les prélèvements obligatoires, notamment ceux touchant
les entreprises. On pourra toutefois le faire avec la souveraineté budgétaire avec
moins d’effets secondaires négatifs qu’en restant dans l’euro, mais il y en
aura. Cela dit l’utilité de retrouver la souveraineté monétaire n’est
pas contestable pour la France comme pour l’Italie, compte tenu de leur situation présente. Voyez :
http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=73092
http://www.youtube.com/watch?v=gu7IY7VveHs&feature=youtu.be