Non Machiavel, ce qui vous enchaîne n’est pas vraiment le marché, c’est que vous, tout seul dans votre coin, si vous décidez de changer de mode de vie, vous en subirez davantage les désagréments que vous ne vous y retrouverez. Mais si des millions et des millions de personnes décidaient de faire comme vous au même moment, vous verriez que le marché est lui-même esclave.
Seulement voilà : cela n’arrivera pas. Et cela n’arrivera pas car pour un Machiavel courageux et préparé au changement de longue date, il y aura des centaines d’individus, ou contraints d’honorer leurs dettes, ou dans l’incapacité volitive de vous suivre, autrement dit des gens qui sont descendus trop profondément dans la geôle (je ne leur jette pas la pierre), ou des lâches (eux par contre...).
Bref, vos chaînes ne sont pas celle du capitalisme, mais celle du nombre, du conformisme, des majorités qui, inconsciemment, dictent le chemin à suivre. Le capitalisme, lui, se nourrit de ça, en mandatant de temps en temps des Bernays, il est vrai, pour tracer des sillons communs.
Comprenez-vous où je veux en venir lorsque je dis que la démocratie cardinale est nécessairement désarmée face à ce genre de péril ?