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Commentaire de Morpheus

sur « La violence et la guerre ont-elles toujours existé ? »


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Morpheus Morpheus 28 novembre 2013 22:32

[la hierarchie sans morale amene aux pires exces totalitaires

la morale sans hierarchie , cad l égalitarisme democratique pure amene le chaos.]
Je suis en complet désaccord avec ces deux affirmations.
La hiérarchie, au vrai sens du terme, qui est aussi son fondement, SE VEUT (prétendument) >>morale<<, car provenant de la divinité (hièrôs = sacré + arkein = commander). Mais elle n’apparait et ne se justifie que pour la seule fonction d’orienter et de mobiliser un grand nombre (les gens de la cité) sous l’égide d’un petit nombre, et pour cela INVENTE des histoires (les mythes). LES morales sont changeantes, au grès des peuples, des cités et des époques. LA morale, c’est un concept vide, ou faux, ou trompeur. Il n’y a pas de "morale" absolue, mais seulement des morale relatives à un temps et à des coutumes, conventions, traditions.
Qui plus, est - et c’est peut-être le plus important -, la hiérarchie introduit par construction des inégalités au sein de la population à laquelle elle est appliquée. Et ce sont ces inégalités qui mènent à la tyrannie, non l’immoralité des maîtres. Au vrai, il se peut même que l’immoralité des maîtres (l’ubris) fussent le fruit de la soumission du grand nombre au pouvoir du petit nombre ; comme disait en substance Rousseau, le pouvoir n’a d’autres limites que celles que le peuple lui impose.
La morale est, selon moi, un pis-aller ayant deux fonctions complémentaires : la première, active, vise à contrôler et orienter une population dans un sens donné, la seconde, passive, vise à compenser la contrainte que les passions (en ce compris la morale elle-même !) exercent sur le bon sens (machiavel1983 va adorer ce passage).
En conclusion, plutôt que recourir à une morale qui, dans la majeure partie des cas, introduit des conventions conceptuelles contraires aux principes naturels, créant de ce fait des conflits intérieurs et des frustrations, il nous faut recourir à la raison, au bon sens, au discernement et à la bienveillance. Il ne me semble pas que la vertu ait besoin de morale, mais de sens commun.
Cordialement,
Morpheus


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