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Commentaire de Morpheus

sur Agoraphobie et agoraphilie politique


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Morpheus Morpheus 2 décembre 2013 16:55

[et des utopies prétendument scientifiques ou tout est contrôlé par une élite savante]
R/ C’est sans doute le point où toi et moi allons nous accrocher en apparence smiley
Je vais donc essayer de dépasser cette apparence. Lorsque j’évoque la nécessité d’agir culturellement pour introduire la culture scientifique (voir commentaire ci-dessus), je ne prétend pas, se faisant, répondre à tous les besoins du triangle de l’ ÊTRE que tu évoques. La seule et unique vocation de cette culture scientifique que j’appelle de mes voeux et de résoudre la question de la gestion et répartition équitable des ressources de la Terre, afin que chacun, sans discrimination, en bénéficie dans son quotidien. Le but est une civilisation mondiale vivant dans l’abondance (l’abondance n’étant pas la surabondance, et n’étant pas non plus le rationnement : c’est faire avec ce dont on dispose tout en usant de notre ingéniosité pour optimiser ce dont nous disposons).
Pourquoi ?
Parce que tant que nous ne résolvons pas les besoins matériels, à l’évidence le triangle est bancal. Ces besoins sont la base : pour vivre, nous avons besoin de répondre de façon satisfaisante à nos besoins en eau, nourriture, habitat, etc. Une fois ces besoins assurés (via une économie de l’abondance), nous avons le loisir de nous consacrer à nos autres besoins (culturel et spirituels). La preuve en est que ceux qui produisent la culture et la philosophie sont ceux dont les besoins de base sont assurés : il est difficile de penser le ventre vide... Or, ce n’est, jusqu’ici, le fait d’une "élite" (classe favorisée) que parce que jusqu’ici, la majorité doit consacrer la majeure partie de son temps à la subsistance (au contraire des membres de "l’élite", dont la subsistance est assurée par le travail du grand nombre.
C’est ici que les machines entrent en jeu, en prenant la place de la main d’œuvre humaine. Dans une économie compétitive, les machines sont un fléau pour le grand nombre, car elles occupent les postes de travail qui sont la source de revenus nécessaire à la subsistance des travailleurs. Mais dans une économie de partage équitable des ressources, sans monnaie, les machines libèrent les travailleurs de leur poste de travail.
Le temps ainsi libéré pour le grand nombre, celui-ci peut alors le consacrer à participer activement à la culture et la philosophie / spiritualité, et participer activement à la vie politique (au sens politeia  : résoudre les problèmes).
Pour moi, il ne s’agit pas d’une "utopie", en ce sens que la méthode scientifique préconisée a des vertus aussi bien dans le domaine concret (la matière) que abstrait (la spiritualité) : comme l’écrit Matthieu Ricard : « La science ne porte pas en elle les germes de la spiritualité, mais la spiritualité doit procéder avec la rigueur de la science ».
Le TVP n’est "utopique" que dans le sens qu’il est difficile de l’imaginer, tant il renverse toutes nos croyances et donc se confronte à la somme de notre bagage culturel (constitué des résidus de la culture religieuse et de la domination de la culture matérialiste de l’économie de marché) ; c’est "utopique" dans le sens où nous voyons mal comment pareil système pourrait advenir.
Mais ce n’est pas "utopique" dans le sens que le projet en lui-même ne propose pas une civilisation parfaite, ni un système "parfait". Il est même, en ce sens, le contraire de l’utopie, parce qu’il propose un système émergeant, c’est-à-dire qui s’adapte aux changements et aux nouveautés.
Morpheus


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