Ce n’est pas parce que je suis végétarien que je me définis comme spéciste. Je n’ai pas besoin de m’identifier à une quelconque catégorie. Je ne comprends pas non plus le relativisme qui consiste dans toutes les discussions à invoquer le droit au respect de la différence des points de vue comme alpha et oméga de l’échange. Si tout n’est qu’opinion et si notre objectif est de défendre notre opinion et non de questionner, alors pourquoi vouloir échanger ? (je précise que cette question n’appelle pas de réponse argumentée).
Il y a une différence notable que je vois tout de même :
- Vous dites que j’agis en fonction d’un fait, qui est la souffrance animale. (sauf si vous voulez relativiser aussi la souffrance d’autrui)
- Vous dites que vous agissez en fonction d’une idée, "l’ordre naturelle des choses", qui est une construction de la pensée et qui explique (ce mot est important) votre action.
Quant aux idéologies du XXème siècle et de leurs atrocités, elles découlent bien d’idées érigées en principes (des idéaux) et du déni d’une réalité trop complexe pour être mise en boîte par la pensée. Ce qui a conduit à toutes ces violences. Elles veulent mettre l’humain dans un moule.
Bien sûr que les totalitarismes peuvent avoir beaucoup de formes différentes. Ils partent d’une volonté d’imposer leur point de vue aux autres et utilisent tout le spectre des idées pour ça (gauche, droit, haut, bas, anti, pour). Ainsi on observe bien que le problème réside dans le mouvement qui sous-tend l’action et non pas les caractéristiques de l’action. Il peut y avoir un végétarien fanatique et un végétarien ouvert, les deux sont végétariens mais n’agissent pas de la même manière. Le premier utilise une cause pour les besoins de son égo, le deuxième parce qu’il aura surement réfléchi à la question de son plaisir et de la souffrance animal qu’il engendre.
La question n’est donc pas pour ou contre, mais pourquoi ? Ensuite c’est à chacun de creuser. Certains s’arrêteront à la première explication satisfaisante qu’ils trouveront, d’autres ne se satisferont pas de réponses (d’opinions pourrais-je dire) mais voudront comprendre.