En vertu de quoi prétendez-vous que ma vision des chses "repose sur un fond qui ne tient plus" ?
Je crois au contraire que le monde moderne souffre du manque de métaphysique profonde et de la négation des principes spirituels et ontologiques qui étaient autrefois la base des existences individuelle et collective. Au-delà du désastre économique en cours, c’est cela l’angoisse viscérale qui domine dans les esprits aujourd’hui. L’être humain ne se contente pas uniquement de vivre dans l’aisance et la sécurité, mais il a aussi le besoin prégnant de pénétrer dans le mystère qui est au coeur de sa vie, en d’autres termes de savoir qui il est. Cela, les idéologies modernes, matérialistes, ne le permettent pas, car en expliquant la vie par une organisation de la matière, elles ne résolvent rien : nous sentons tout de même que nous participons à l’Être, mais nous ne savons rien de plus à ce sujet. Au mieux, l’homme moderne s’enferme dans la négation, et décrète que ces problèmes sont des illusions, mais cela suffit simplement à contourner son propre vide, pas à le remplir. Je suis pour la réémergence d’une philosophie et d’une politique de l’esprit, qui redonnent à la personne humaine la possibilité de satisfaire son besoin de grandeur et sa créativité. Et cela, ce n’est pas dépassé, mais c’est précisément l’avenir. C’est justement le point aveugle de la modernité, celui dont elle crèvera un jour.
Par ailleurs, je serai ravi de lire votre critique non "réactionnaire" et "traditionnelle" du féminisme (je mets des guillemets car contrairement à ce que vous pensez, la critique de Soral du féminisme est progressiste. Celle de Zemmour plus conservatrice).