Aucun monothéisme ne prône l’égalité femme-homme
Citation :
DIEU
N’AIME PAS LES FEMMES -
Petit
déjeuner dans un hôtel, « Le Figaro » coincé entre le
beurre et le miel sur le plateau. J’y lis que le ministre des
droits de la femme trouve que l’école perpétue le sexisme et
qu’il s’agit de prendre des mesures pour en finir avec cette
terrible injustice. D’accord… Un syndicat propose qu’on lise en
classes primaires Papa porte une robe, soit… Le livre
raconte l’histoire d’un père boxeur qui devient danseur en tutu…
Politiquement correct, mais franchement ridicule…
On
n’envoie plus, et c’est heureux, les homosexuels au bûcher,
aujourd’hui, ils se marient et s’embrassent à pleine bouche dans
le journal de TF1, déjà ils peuvent adopter des enfants, bientôt
ils auront recours à la Procréation Médicalement Assistée
remboursée par la sécurité sociale. On ne cloue plus les
transsexuels au pilori, et c’est tant mieux :Libération se
réjouit d’en faire des portraits pleine page (et se donne ainsi
l’impression d’être encore un journal de gauche) pendant que
Mireille Dumas les invite dans une émission qui leur permet de
raconter la difficulté qu’il y eut à être si longtemps en
catimini Kévin, chauffeur routier le jour, et Jeannine,
transsexuelle la nuit. On ne brûle plus les bisexuels qui permettent
au même journal et à la même présentatrice télé de varier les
plaisirs et de portraiturer ou d’inviter le lendemain du trans un
bi qui racontera les aventures de Kévin & Jeannine en même
temps.
Cette
liberté sexuelle héritée de Mai 68 est heureuse, prenons acte de
cette évidence : la marge n’est plus là, la subversion est
ailleurs, le minoritaire sociologique est devenu le majoritaire
idéologique.
Il
me semblerait plus marginal et subversif de dénoncer les trois
religions monothéistes qui me paraissent bien plus dommageables pour
l’égalité entre les hommes et les femmes qu’un manuel scolaire
dans lequel le petit garçon porte un pantalon et la petite
fille une jupe. Que le masculin l’emporte grammaticalement sur le
féminin ou que l’on dise madame le ministre
constituent moins un scandale à mes yeux que ce que professent le
judaïsme, le christianisme et l’islam sur les femmes – impures
par nature, ontologiquement pécheresses, inférieures aux hommes.
Je
propose à Madame le ministre des droits de la femme que, dans les
écoles primaires, on étudie bien plutôt Yahvé, Dieu et
Mahomet ne veulent pas que papa porte une robe (éditions
LGBT). Gageons que Libération crierait à
l’antisémitisme et à l’islamophobie, mais se réjouirait de la
charge antichrétienne, puis que Mireille Dumas marcherait sur des
œufs, mais inviterait quand même un curé en soutane pour le
soumettre à la douce torture de ses questions.
Les
révolutionnaires de 89, les Communards, les laïcards et les
anticléricaux du Front Populaire, les Soixante-Huitards ont
travaillé pour rien en souhaitant une république égalitaire,
libertaire, fraternelle, laïque, féministe. La mode est à la
revendication communautaire, à la requête tribale, à la pétition
clanique.
Si
l’on veut une véritable égalité homme femme, on ne se contentera
pas de jouer sur l’emballage en variant les effets de surface. Les
« Femen » sont un espoir car elles ont bien compris qu’un
combat féministe qui n’est pas athée constitue une variation
supplémentaire sur le thème de la société du spectacle.
Michel
Onfray
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