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Commentaire de maQiavel1983 sur Manifestation pour la dissolution des Femen - samedi 8 février - Agoravox TV

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Commentaire de maQiavel1983

sur Manifestation pour la dissolution des Femen - samedi 8 février


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maQiavel maQiavel1983 10 février 2014 12:33

@Qamarad

C’est un sujet très compliqué, je n’ai vraiment pas d’idées arrêtées sur le sujet et je me pose des questions.

Seulement vos commentaires montrent bien que les libertés fondamentales s’insèrent dans un fait social total et il est difficile d’en parler séparément du reste.

Une mise au point globale et synthétique sur ma vision des choses est nécessaire pour vous répondre, je partirai de cette base là pour vous répondre (et répondre à mes propres interrogations, quelque part le débat sert aussi de prétexte pour en réalité à se répondre à soi même et se construire une vision , un peu comme dans certains arts martiaux ou l’ adversaire ne sert que de prétexte à l’ accomplissement de soi ).

La base de ma réflexion sur les libertés fondamentales et le cadre qu’il faut leur donner est la suivante : dans quelle mesure ce cadre remet il en question les principes ?

Je distingue :

- l’Etat qui n’est qu’un outil, un instrument d’organisation politique que les interactions sociales ont rendu nécessaire à un moment donné mais qui  n’en est pas moins dangereux car disposant du monopole de la violence et contrôlé par une minorité qui peut s’en servir pour asservir le peuple.Mon approche vis-à-vis de l’Etat est clairement utilitariste et amoral , pour échapper à cet asservissement, il existe des principes fondamentaux que l’on regroupe sous le sigle de « libertés individuelles » , il ne s’agit pas tant pour moi de mettre l’individu au centre de la société (comme dans la philosophie libérale) que d’un outil de protection contre ‘l Etat total.

-Le peuple :  qui est l’ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire constituant une entité, culturelle, historique, linguistique. Dès que l’on parle de peuple, la morale et la sensibilité redeviennent le premier critère d’évaluation.

Je n’ai aucune méfiance pour le peuple qui doit avoir la plus grande liberté possible pour s’ exprimer, mais j’ai une très grande crainte de l’Etat qui lui au contraire doit être restreint autant que possible.

. Je suis en faveur d’une tripartition organisationnelle avec :

 -une sphère politique : qui organise l’Etat pour qu’il soit puissant et sécurisé afin de permettre l’essor d’une vie civile prospère et harmonieuse régies par des lois et des institutions politiques observés par l’ensemble des citoyens. Mais l’Etat ayant le monopole de la force légitime, la question de son contrôle se pose car de façon assez naturelle il abuse de ce monopole pour prendre possession des autres sphères.

Dans cette sphère la règle doit donc être l’égalité de tous devant la loi, le respect des libertés fondamentales et surtout la limitation stricte des pouvoirs de ceux qui l’exercent, afin d’éviter les abus de pouvoir et la prise en otage de la société par une classe dirigeante.

Sur les autres sphères, son rôle doit se limiter à fixer un cadre institutionnel :

·  pour la culture, cela se traduira par la définition du contenu de l’instruction civique, la garantie à l’égalité d’accès à la culture pour que chaque individu puisse accéder à la meilleure instruction possible en fonction de ses aspirations profondes.

·  Pour l’économie, cela se traduira par la garantie à la satisfaction des besoins élémentaire nécessaire à la reproduction de la vie immédiate des citoyens, en donnant un cadre institutionnel comme le protectionnisme, le patriotisme économique ou en allant jusqu’ à la mise en place d’un revenu de base.

-Une sphère économique : une fois le cadre fixé par les institutions, les agents économiques peuvent faire ce qu’ils veulent, s’enrichir, redistribuer les revenus entre travailleurs dans un cadre d’autogestion etc., le politique n’a pas à imposer des normes.

-Une sphère culturelle : qui concerne  la réelle expression de l’aspiration d’un peuple, c’est la potentialisation de sa sensibilité et de son génie (étudier, écrire, composer, créer des œuvres ou des outils scientifiques, méditer, danser, prier, etc.). L’actualisation optimale du potentiel humain à l’horizon d’un perfectionnement intérieur étant le but à atteindre, dans cette sphère, l’égalité ne peut pas être la norme. La culture ne peut pas être fondée sur le principe d’égalité, tout ne se vaut pas culturellement.

Les trois domaines s’interpénètrent constamment dans toutes les activités et que chaque être humain est lui-même triple (dans chaque homme il y a un homme économique, un homme politique, un homme culturel). Il s’agit de "relation" et non de séparation. La relation suppose une autonomie des éléments se reliant, sinon c’est une subordination et non pas une relation ! 


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