@Qamarad
C’est un sujet très compliqué, je n’ai vraiment pas d’idées arrêtées sur le
sujet et je me pose des questions.
Seulement vos commentaires montrent bien que les libertés
fondamentales s’insèrent dans un fait social total et il est difficile d’en
parler séparément du reste.
Une mise au point globale et synthétique sur ma vision des
choses est nécessaire pour vous répondre, je partirai de cette base là pour
vous répondre (et répondre à mes propres
interrogations, quelque part le débat sert aussi de prétexte pour en réalité à
se répondre à soi même et se construire une vision , un peu comme dans certains
arts martiaux ou l’ adversaire ne sert que de prétexte à l’ accomplissement de
soi ).
La base de ma réflexion sur les libertés fondamentales et
le cadre qu’il faut leur donner est la suivante : dans quelle mesure ce cadre remet il en question les principes ?
Je distingue :
- l’Etat qui n’est qu’un
outil, un instrument d’organisation politique que les interactions sociales ont
rendu nécessaire à un moment donné mais qui
n’en est pas moins dangereux car disposant du monopole de la violence
et contrôlé par une minorité qui peut s’en
servir pour asservir le peuple.Mon approche vis-à-vis de l’Etat est clairement utilitariste et amoral , pour échapper à cet asservissement, il
existe des principes fondamentaux que l’on regroupe sous le sigle de « libertés
individuelles » , il ne s’agit pas tant pour moi de mettre l’individu au
centre de la société (comme dans la
philosophie libérale) que d’un outil de protection contre ‘l Etat total.
-Le peuple :
qui est l’ensemble d’êtres humains vivant sur le même territoire constituant
une entité, culturelle, historique, linguistique. Dès que l’on parle de peuple, la morale et la sensibilité redeviennent le premier critère d’évaluation.
Je n’ai aucune méfiance pour le peuple qui doit avoir la
plus grande liberté possible pour s’ exprimer, mais j’ai une très grande
crainte de l’Etat qui lui au contraire doit être restreint autant que possible.
. Je suis en faveur d’une tripartition organisationnelle
avec :
-une sphère politique : qui organise l’Etat pour qu’il
soit puissant et sécurisé afin de permettre l’essor d’une vie civile
prospère et harmonieuse régies par des lois et des institutions politiques
observés par l’ensemble des citoyens. Mais l’Etat ayant le monopole
de la force légitime, la question de son contrôle se pose car de façon assez
naturelle il abuse de ce monopole pour prendre possession des autres sphères.
Dans
cette sphère la règle doit donc être l’égalité
de tous devant la loi, le respect des libertés fondamentales et surtout la limitation stricte des pouvoirs de ceux
qui l’exercent, afin d’éviter les abus de pouvoir et la prise en otage de
la société par une classe dirigeante.
Sur
les autres sphères, son rôle doit se limiter à fixer un cadre institutionnel :
·
pour la culture, cela se traduira
par la définition du contenu de l’instruction civique, la garantie à l’égalité
d’accès à la culture pour que chaque
individu puisse accéder à la meilleure instruction possible en fonction de ses
aspirations profondes.
·
Pour l’économie, cela se traduira
par la garantie à la satisfaction des besoins
élémentaire nécessaire à la reproduction de la vie immédiate des citoyens, en
donnant un cadre institutionnel comme le protectionnisme, le patriotisme
économique ou en allant jusqu’ à la mise
en place d’un revenu de base.
-Une
sphère économique : une fois le cadre fixé par les institutions, les agents économiques peuvent faire ce qu’ils veulent,
s’enrichir, redistribuer les revenus entre travailleurs dans un cadre d’autogestion
etc., le politique n’a pas à imposer des normes.
-Une
sphère culturelle : qui concerne
la réelle expression de l’aspiration d’un peuple, c’est la potentialisation de sa sensibilité et
de son génie (étudier, écrire, composer, créer des œuvres ou des
outils scientifiques, méditer, danser, prier, etc.). L’actualisation optimale du potentiel humain à
l’horizon d’un perfectionnement intérieur étant le but à atteindre, dans
cette sphère, l’égalité ne peut pas être
la norme. La culture
ne peut pas être fondée sur le principe d’égalité, tout ne se vaut pas
culturellement.
Les trois domaines
s’interpénètrent constamment dans toutes les activités et que chaque être
humain est lui-même triple (dans chaque homme il y a un homme économique, un homme
politique, un homme culturel). Il s’agit de "relation" et non de
séparation. La relation suppose une autonomie des éléments se reliant, sinon
c’est une subordination et non pas une relation !