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Commentaire de Rounga sur Confucius contre Lao-tseu - Agoravox TV

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Commentaire de Rounga

sur Confucius contre Lao-tseu


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Rounga Rounga 13 février 2014 10:23

Morpheus,

Eric Guéguen a écrit :
"Aristote nous dit que l’action humaine la mieux aboutie est régie par deux sortes de vertus : les vertus intellectuelles et les vertus morales."

Or, c’est exactement la distinction que je voulais mettre en valeur pour répondre à votre discours. En effet, quand vous dites
"Une assemblée populaire a plus de vertu et de sagesse que tous les Princes et tous les sages réunis, parce que, précisément, dans cette assemblée, la grand nombre ne veut pas le pouvoir, mais jouir de la vie, non pas égoïstement, mais dans le partage commun"
Vous exprimez une chose qui n’est pas à mon sens la "sagesse et la vertu", mais ce que j’appellerai le bon sens, pratique et moral.
Le bon sens pratique consiste à prendre les bonnes décisions pour parvenir à un objectif immédiat. Le peuple, de par sa praxis, porte en lui une certaine intelligence de la causalité. Il saura par exemple, en voyant les effets immédiats de telle ou telle réforme sur leurs conditions de travail et de vie, si celle-ci est bénéfique ou non.
Le bon sens moral est à rapprocher de la common decency d’Orwell. Il s’agit d’un sens moral minimal né des conditions de vie, qui impliquent la solidarité, la parcimonie, le respect de son voisin.
Mais ni l’un ni l’autre ne sont sagesse et vertu. La sagesse, même si elle implique le bon sens pratique, recouvre un domaine plus large. Dans le domaine des relations internationales, par exemple, le peuple ne peut pas délibérer sur les bonnes décisions à prendre. Le sujet est complexe et recquiert des connaissances rares (sens de la diplomatie, connaissance des cultures étrangères, maîtrise de l’économie des échanges internationaux). On voit donc la nécessité d’avoir, dans certaines fonctions, des experts compétents, qui possèdent un savoir, ainsi qu’un souverain sage, qui saura évaluer la compétence des experts pour les placer aux postes adéquats.
En ce qui concerne le bon sens moral, je suis désolé de vous dire qu’il n’est pas une vertu, au sens éthique du terme. Je pense plutôt qu’il est un comportement imposé par une certaine situation et qui est bénéfique pour tous. Cela implique qu’un changement de situation social chez un individu peut révéler en lui son manque de vertu : si ce dernier n’était pas sensible à la corruption, c’est parce qu’il n’y avait jamais été exposé. La vertu est indépendante des conditions. Un homme vertueux sera vertueux aussi bien en bas de l’échelle sociale qu’à la tête de l’Etat.

 

P.S. "L’homme le mieux disposé à bien agir en toute situation est celui qui possède à la fois ces deux sortes de vertus. Il y a donc le cognitif d’un côté (vertus de la connaissance) et le conatif de l’autre (vertus de la volonté de caractère). Un homme disposant d’un savoir étendu mais dépourvu de perspective morale se condamne à mettre son savoir au service du mal en embuscade. Mais un homme à haute valeur morale et dépourvu du moindre savoir n’est guère plus avancé : l’enfer est pavé de bonnes intentions, non abouties par manque de connaissance des moyens d’y parvenir..."

Confucius a dit exactement la même chose, dans la forme ultra-synthétique dont il avait le secret : « Étudier sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. »


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