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Commentaire de Pierre Régnier sur Marcel Gauchet sur l'éducation - Agoravox TV

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Commentaire de Pierre Régnier

sur Marcel Gauchet sur l'éducation


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Pierre Régnier 26 février 2014 10:13

Suite 2/

 

Il me paraît indispensable de réfléchir surtout à la pérennisation, parmi les violences religieuses, de celle qui est considérée comme étant commise par les hommes sur ordre de Dieu. Celle-ci est, hélas, ici et maintenant, toujours bien concrète.

 

Dans son livre "La religion dans la démocratrie" (4) Marcel Gauchet me paraît trop optimiste quand il écrit : "Nul parmi nous ne peut plus se concevoir, en tant que citoyen, commandé par l’au-delà. La Cité de l’homme est l’oeuvre de l’homme, à tel point que c’est impiété, désormais, aux yeux du croyant le plus zélé de nos contrées, que de mêler l’idée de Dieu à l’ordre qui nous lie et aux désordres qui nous divisent". L’agnostique citoyen du monde que je suis fera remarquer que la terre entière est désormais "notre contrée", que c’est là qu’il faut étudier le "parcours de la laïcité" (sous-titre du livre) et que certains de ceux qui, comme en Algérie, en Afghanistan ou en Iran, "mêlent l’idée de Dieu aux désordres qui nous divisent" tuent "parmi nous" très fréquemment. Ceux-là se disent très souvent croyants de l’islam, mais ce sont bien toutes les religions abrahamiques qui continuent de cultiver la violence théorique, théologique ; les autres, sur lesquelles ne porte pas cette réflexion n’étant pas pour autant tenues pour dépourvues de toute violence. Le fanatique qui passe à l’acte criminel a bon dos. On souligne qu’il n’a rien compris, ne veut pas comprendre même lorsque, précisément, il a trop bien compris en prenant à la lettre ce qu’on lui a demandé de prendre à la lettre. Qui peut soutenir qu’il est seul responsable et qu’on ne triche pas quand on met un fossé entre ses actes, horribles, et ceux que les religions - traditionnelles, officiellement reconnues - lui ont enseignés comme parfaitement justifiés en d’autres temps ?

 

Dans le pire des cas les ordres de tuer restent toujours valables et, par exemple, des dignitaires de l’islam appellent publiquement - sans que personne, ni individus ni Etats appliquant leur devoir d’ingérence n’exige leur traduction en justice - au meurtre de Salman Rushdie ou de Taslima Nasreen (pour ne parler que de deux victimes désignées qui ont eu le temps d’alerter le monde démocratique avant que le crime sur leur personne ait été commis ; beaucoup d’autres, en Iran par exemple, n’ont pas eu ce temps)...


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