Suite 3/
Fin de mon texte Désacraliser la violence
religieuse :
Une belle occasion nous est donnée de
marquer la rupture avec la religieuse
folie interprétative, comme avec la fausse et complice laïcité. L’ONU lance une
"décennie pour l’éducation à la non-violence ", grâce à un long
combat des militants pour une Alternative Non-Violente (pour reprendre le titre
de l’excellente publication d’une partie de ces militants) (19). Disons haut et
fort que cette initiative ne pourrait atteindre son objectif si le programme
éducatif annoncé n’incluait une démarche pour un respect des droits de l’homme
au sein de toutes les religions,
donc pour une désacralisation de la
violence religieuse, y compris dans les religions les plus anciennes, les plus
traditionnelles, les plus officiellement reconnues.
Notes :
(1) Dans son livre "Le désenchantement
du monde" (éd. Gallimard, 1985) Marcel Gauchet, qui reproduit dans son
titre une expression de Max Weber, précise qu’il ne faut pas interpréter ce
qu’il appelle "la sortie de la
religion" comme une "disparition" de la religion. "On peut concevoir, à la limite, une société
qui ne comprendrait que des croyants et qui n’en serait pas moins une société
d’au-delà du religieux".
(2) L’expression est employée, à propos du
judaïsme libertaire en Europe centrale, par Michael Löwy dans le livre qu’il
consacre à ce courant : "Rédemption et Utopie" (PUF, 1988)
(3) Le Kitab-I-Aqdas (Le Plus saint livre),
éd. Bahaïes, Bruxelles 1996. Sur la foi bahaïe voir Le Monde Diplomatique de
juillet 99 ou Manière de voir n°48 : "La foi bahaïe contre les
fanatismes" par William Hatcher, ou "Les Bahà’is" par christian
Cannuyer (éd. Brépols 1987) ou "La foi bahà’ie en quelques mots " par
Pierre Spierckel (éd. L’Harmattan 2000)
(4) éd. Gallimard, 1998
(19) Dans son N°94 (printemps 95) titré
"Les religions sont-elles violentes ?" le théologien Emile Granger
rompt avec les tricheries théologiques habituelles, condamne la sacralisation,
explicitement reconnue, de la violence religieuse et milite "pour une foi
sans violence". Il insiste cependant sur la perversion de la foi là où, me
semble-t-il, il faudrait insister sur un véritable refus de progresser engendré
par le dogmatisme.