Savonarole croyait au
partage de responsabilité, il avait
vu où conduit un pouvoir exclusif et sans contrôle, le pouvoir populaire était
pour lui une bonne chose.
Dans un de ses discours,
il disait : « Malheur à toi, Florence, si tu prends un
chef qui puisse dominer les autres !
C’est de là que surgissent tous les maux
qui ruinent la cité. Un tyran, c’est
un homme de vie immorale qui usurpe les droits d’autrui, qui avilit son âme et
celle de son peuple. La première loi que vous ayez à faire est donc
celle-ci : - Que nul ne puisse à
l’avenir s’instituer maître de la ville ! Sinon, vous bâtirez sur le
sable... »
Et concernant son rôle
dans la république , il disait :
« Le peuple d’Israël », déclarait-il
aux magistrats qui sollicitaient son concours, « se gouvernait alors comme
fait aujourd’hui le peuple de Florence : il n’avait ni roi ni prince
temporel. Dieu lui envoyait un prophète
que les gens appelaient juge et qui n’avait aucune autorité, aucun pouvoir sur
le peuple, ni pour tuer ni pour prononcer sur quoi que ce soit. Mais ils
lui demandaient conseil, et le juge, après s’être mis en prière, répondait ce
que Dieu lui inspirait ».
C’est un rôle qui
ressemble très fort à celui des prophètes dans les sociétés amérindiennes
« contre l’ Etat » pour
reprendre le vocable de Clastre , le prophète n’ a aucune autorité politique
temporelle , son domaine est celui du spirituel ( qui domine le monde matériel
).
En fait, le principal défaut de ce système, ce sont les dérives
totalitaires et la négation de la liberté individuelle (il n’est pas difficile d’imaginer ce que cet
embrigadement des « enfants du Christ » comportait comme
discorde et suspicion au sein même des familles, ca devait ressembler à une
société type 1984 d’Orwell).
Les sociétés
occidentales modernes qui sont trop rationaliste,
individualiste et matérialiste pour se tourner vers ce modèle, elles doivent
trouver leur propre voie !
Par contre, d’autres civilisations
pourraient s’en inspirer, je pense à certains pays d’Amérique latine (la révolution
bolivarienne de Chavez aurait vraiment du s’inspirer de cet exemple) et surtout
à l’Afrique (avec
notamment le kimbanguisme en Afrique centrale ) qui pourrait connaitre un véritable
renouveau spirituel, politique et moral !
Toute la difficulté
est de concilier cette voie avec le respect des droits individuels fondamentaux,
l’une des principales avancées positive du progressisme !