La thèse (trop ?) séduisante de Max Weber a toujours été contestée, en premier lieu par les Protestants eux-mêmes. Il ne fait aucun doute que Calvin serait horrifié de voir le développement du capitalisme actuel et le détournement de la doctrine de la Prédestination qui a été transformée a posteriori en idéologie séculière servant à cautionner les pires abus du capitalisme et à stigmatiser les pauvres ("loser" par la volonté divine).
Voici une critique de l’ouvrage Weber d’un point de vue calviniste.
http://larevuereformee.net/articlerr/n244/la-liberte-et-largent-calvinisme-et-economie
Rappelant qu’il n’y a plus aujourd’hui un seul universitaire pour défendre la thèse principale de Weber, l’auteur conclue :
Calvin est-il donc le père du capitalisme ? En levant l’interdiction qui
pesait sur la pratique du prêt à intérêt, Calvin a certainement apporté
au développement du capitalisme une forme d’accélération
importante, dont lui-même n’a pas pu imaginer l’ampleur. Ceci dit, ce
qu’on appelle aujourd’hui le « capitalisme sauvage », utilitariste,
individualiste, sans souci d’éthique sociale, subordonné à la loi du
profit personnel, est une « éthique » économique que Calvin lui-même
aurait condamnée avec la plus grande fermeté et qui ne peut, en aucun
cas, se réclamer de sa paternité.
Pour ma part, je pense qu’il faudrait renverser la thèse de Weber et voir en quoi le capitalisme - déjà largement constitué à la fin du moyen-âge - a trouvé dans le christianisme réformé une théologie favorisant son développement à l’ère industrielle, au point de finir par influencer celui-ci (d’aucuns diront le pervertir).