@haze
-Enfin bon, ne jamais dire jamais, ou aucun juste parce que ca colle
bien avec ta facon de penser.
------> Tu as raison, je n’aurais pas du écrire « jamais »,
il faut être prudent, « en général » aurait mieux convenu.
Pour te répondre : j’
écris aussi que les grands principes
moraux sont utilisés pour masquer des volontés de puissance.
Est-ce que tu penses que
les romains ont fait ce que tu as décrits plus haut au nom des principes moraux ?
Je réponds que c’est possible mais ce n’est pas tout : ils avaient aussi
en tête la puissance romaine.
Un extrait du discours sur
les décades ou justement machiavel parle de ces deux exemples :
Chapitre XX : Un trait d’humanité
fit plus d’impression, Sur les Falisques que toute la puissance des Romains :
« Pendant que Camille était avec son armée auprès de la ville des
Falisques, dont il faisait le siège, un maître chargé de l’éducation des
enfants les plus distingués de la noblesse de cette ville crut pouvoir
s’attirer, par une perfidie, la bienveillance de ce général et celle du peuple
romain. Étant donc sorti de la ville avec [p. 298] ses élèves, sous prétexte de
leur faire prendre de l’exercice, il les conduisit dans le camp, et les
présenta à Camille, en lui disant qu’il remettait entre ses mains des otages
avec lesquels il forcerait facilement la ville à se rendre. Non seulement ce
célèbre Romain n’accepta point son offre, mais il fit encore dépouiller ce
traître de ses vêtements, lui fit lier les mains derrière le dos, le livra
ensuite à ses enfants, et leur ordonna de le reconduire dans la ville en le
frappant avec les verges qu’il leur avait fait distribuer à cet effet 1.
Quand les Falisques surent ce qui venait de se passer, ils furent si touchés de
l’intégrité et de l’humanité de Camille, qu’ils se décidèrent sur-le-champ à
lui ouvrir les portes de leur ville, sans vouloir se défendre plus longtemps.
Cet exemple prouve qu’un trait
d’humanité, de bienfaisance a quelquefois beaucoup plus d’empire sur l’esprit
des hommes qu’une action marquée au coin de la violence et de la cruauté. Il
prouve aussi que des provinces, des villes que les armes, l’appareil menaçant
des machines de guerre et le déploiement de toutes les forces humaines n’ont pu
subjuguer, sont souvent vaincues par un acte d’humanité, de sensibilité, de
respect pour les mœurs, ou de générosité. L’histoire en offre beaucoup d’autres
exemples. Les armes des Romains ne pouvaient chasser Pyrrhus de l’Italie ;
Fabricius, en lui dévoilant la perfidie de son médecin qui avait offert aux
Romains de l’empoisonner, l’en fit sortir par ce trait de grandeur d’âme ».
En réalité, il s’agit d’une forme de soft power antique,
vaincre les adversaires sans combattre par l’influence, en leur montrant à quel
point on est vertueux.
Mais les romains savaient très bien évaluer à quel
moment le faire, mais lorsque leur existence était en danger, Machiavel montre
bien qu’ils n’hésitaient pas à user de moyens dit immoraux.
Donc il y’ a bien dans tes deux exemples des acteurs
avec des impératifs de puissance en vue et qui agissent en conséquence.
Je pense donc qu’il est possible que des lois
internationales de la guerre émergent, si une nation hégémonique unipolaire
considère que dans l’intérêt de son soft power, il lui faut défendre de grands
principes mais cela sera valable tant qu’il en aura intérêt. Si le contexte change
et que cet acteur hégémonique considère qu’il est dans son intérêt de se
torcher le derche avec ces lois, il le fera …