Zarathoustra a vu beaucoup
de contrées et beaucoup de peuples : c’est ainsi qu’il a découvert le bien
et le mal de beaucoup de peuples.
Aucun peuple ne pourrait
vivre sans évaluer les valeurs ; mais s’il veut se conserver, il ne doit
pas évaluer comme évalue son voisin.
Beaucoup de choses qu’un
peuple appelait bonnes, pour un autre peuple étaient honteuses et
méprisables : voilà ce que j’ai découvert. Ici beaucoup de choses étaient
appelées mauvaises et là-bas elles étaient revêtues du manteau de pourpre des
honneurs.
Jamais
un voisin n’a compris l’autre voisin : son âme s’est toujours étonnée de
la folie et de la méchancetée de son voisin. Une table des biens est suspendue
au-dessus de chaque peuple.
Ainsi parlait Zarathoustra.