Oui donc, jusqu’à preuve du contraire, il n’a rien donné du tout.
Si demain je viens vous voir en disant qu’au fait les secrets sont dans une théière volant autour de Saturne, allez-vous me croire sur parole ?
Le fait est que certains ont cru cela sur parole. Après la chute de l’Empire romain, Saint Benoît s’est efforcé de conserver tout ce qu’il a pu de la culture romaine et chrétienne. Dans son monastère du mont Cassin, des générations de moines ont essayé de décrypter les Écritures, en s’aidant des Juifs qui avaient une parfaite connaissance de l’Hébreu. Tout un travail d’analyse a été mené jusqu’à Bernard de Clairvaux qui a pris la décision de fonder un ordre de chevalerie pour assurer la sécurité des pèlerins sur la route de Jérusalem. C’est du moins la raison officielle, car cet ordre, qui s’appelait les Templiers, dont les neuf membres avaient été triés sur le volet, sont arrivés jusqu’à Jérusalem et leur retour coïncide très exactement avec un brusque changement architectural. On passe sans transition du roman au gothique, on se met à faire des vitraux dont le savoir-faire s’est perdu (pas un gramme de silice dans ce "verre", que du métal), les cathédrales poussent en France par centaines en à peine deux siècles, ce qui est très mystérieux étant donné la pauvreté de la plupart des communes où elles sont érigées et la quantité formidable de main d’oeuvre que de telles constructions demanderaient (même aujourd’hui). Tout porte donc à croire que l’opération des Templiers en terre sainte avait été préparée depuis très longtemps, et qu’ils en ont ramené quelque chose qui leur a donné un savoir-faire inédit. Tout ça parce qu’ils ont "cru sur parole" les Écritures, et qu’ils ont été précédés par des générations d’analystes qui y ont sans doute trouvé l’emplacement de cette chose et son mode d’emploi.
Cependant, cette oeuvre civilisationnelle qui avait été entreprise et qui était à la fois religieuse, culturelle et sociale (je vous invite à vous renseigner sur le progressisme des Templiers, qui affranchissaient leurs serfs, qui prêtaient à taux très bas) a été sapée par Philippe le Bel, désireux de mettre la main sur le "trésor" qu’il n’a pourtant pas trouvé. De plus, cette oeuvre n’a fourni aucun avantage militaire à la France, puisque les compagnons initiés refusaient de construire des forteresses ou des prisons.
Non, c’est juste que la religion n’a jamais été une science, mais qu’à force de perdre inexorablement du terrain face à cette dernière, la première n’a plus qu’à essayer de se faire passer pour la seconde, en vain.
La science signifie la connaissance. La science sacrée, c’est la connaissance des choses célestes. Le problème est que vous êtes dans la pétition de principe, en définissant le terme "science" par la seule science des phénomènes physiques. De se point de vue, effectivement, il n’y a pas de science sacrée, mais alors vous êtes parti de ce que vous vouliez démontrer.
Ce que je dis, c’est que l’être humain est présent dans deux "mondes", deux dimensions : le monde physique et le monde moral, tous deux régis par des lois. La connaissance des lois du monde physique passe par l’étude des faits, puisque la seule connaissance que nous ayons de ce monde est le phénomène. En revanche, la loi morale ne peut pas se faire connaître par le fait, puisque cela impliquerait que les lois morales soient déjà respectées partout dans le monde. Il faut donc aller en sens inverse et partir de la connaissance de la loi morale pour agir sur les faits. C’est pourquoi, quand vous dites :
Religion = Foi = Dogmatisme
Science = Raison = Empirisme
, je ne vois pas ce que ça ajoute à ce que je dis. Le fait que la religion soit dogmatique n’est pas quelque chose qu’on puisse lui reprocher, puisqu’elle ne saurait être expérimentale. Elle a besoin de la révélation (dogme), afin de remporter l’adhésion par la raison (foi), pour faire connaître sa loi.