Pour Dieudonné, je ne sais pas... à vrai dire je le connais mal, je ne suis jamais vraiment entré dans son univers humoristique et politique.
En revanche, je suis persuadé qu’il n’a jamais été dans le tempérament de Soral de faire la révolution ni même de se mettre à la tête d’un mouvement politique "sérieux" : c’est comme ça que j’interprète ses multiples claquage de porte et "actes punk" (manqués) au FN et ailleurs. Soral me fait penser un peu au général Boulanger reculant devant la dernière marche et choisissant la fuite dans le romanesque... comme lui, il n’est pas prêt à aller jusqu’au bout... l’un est tombé pour l’amour d’une femme qui était - dit-on - un agent républicain, l’autre pour une sordide histoire avec une Binti, accusant une obscure manipulation "sioniste".... Il y a un côté rebellocrâte chez Soral, propre à cette génération post-soixante-huitarde qui revendique la subversion antibourgeoise et la marginalité politique comme mode de vie mais qui ne semble jamais déboucher sur une alternative concrète. Soral me semble être moins intéressé par le fait de renverser ou changer le système que d’en tester et repousser les limites, un peu comme un ado révolté qui cherche inconsciemment à ce qu’on lui fixe des bornes. Certains "dissidents" d’ailleurs ont fait remarqué qu’il y avait un paradoxe à déplorer constamment le fait de ne passer pas dans les médias (comme Zemmour, d’où censure) alors que de leur point de vue ne pas passer dans les médias est précisément le point de départ de la démarche, le gage d’authenticité.
Bref je crois qu’il y a un décalage générationnel à ne pas sous-estimer entre Soral et les jeunes générations, blasées et cyniques, qui sont de plus en plus étrangères à tout cet univers de subversion choronienne des années 70-80.