@maQiavel
L’Allemagne, comme le Japon, a investi sa rigueur, son culte de l’ordre et son esprit systématique dans l’économie. Aujourd’hui, l’honneur national des Allemands se mesure au niveau de leur excédent budgétaire, de la même manière que le mâle japonais démontre sa virilité en bossant 15 heures par jour et en passant le moins de temps possible dans son foyer (ce qui finit par donner des gosses totalement dysfonctionnels, mais c’est un autre sujet). Il serait d’ailleurs assez intéressant de tenter d’établir une corrélation entre la performance économique et les conséquences d’une débâcle militaire. On voit comment le fait d’avoir été privés des attributs traditionnels de la puissance (armée, politique étrangère, etc.) a conduit les Allemands et les Japonais à se focaliser exclusivement sur l’économie et le développement d’une industrie puissante.
A mon avis c’est la raison plus ou moins inconsciente qui pousse aujourd’hui les Allemands à humilier tous les peuples européens déficitaires sur la scène européenne (les "pays du club med") et à continuer d’évoquer ironiquement la France comme la "Grande Nation", comme aux plus belles heures du nationalisme allemand du XIXème siècle.
Et comment ne pas citer l’euphémisme de ce ministre allemand qui voyait enfin l’Europe admettre "la douce hégémonie de l’Allemagne sur le continent"...
Article instructif de Quatremer (pro-européen) qui démontre que l’Allemagne occupe les deux tiers des postes décisionnaires à Bruxelles tandis que la France, en termes de représentation communautaire, a été reléguée derrière l’Angleterre et pèse aujourd’hui à peu près autant que l’Espagne et la Pologne :
http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2015/03/15/la-france-de-plus-en-plus-etrangere-leurope/