@Éric Guéguen
Dans ce cas, je pense que nous devrions nous interroger davantage sur la notion de nature, qui, comme je l’ai souligné, est au moins double.
Si nous disons que la hiérarchie est naturelle, que disons-nous ? Que la hiérarchie ne s’instaure pas arbitrairement, mais que nous la reconnaissons spontanément, comme si elle préexistait avant même que la société ne soit formée. Mais alors je vois deux ordres possibles à laquelle peut appartenir cette hiérarchie, et que nous pouvons qualifier de naturels : soit à l’ordre des animaux et des éléments (le monde de la phusis), soit à l’ordre céleste, éternel (le monde des essences de Platon, la cité de Dieu de St Augustin, etc.). Je suis d’avis que le premier ordre ne saurait légitimer quoi que ce soit dans cet entre-deux qui est le monde humain, culturel, mais que pour prendre en compte le second, il faut faire rentrer dans l’équation politique des hypothèses d’ordre métaphysique et spirituel, et c’est ce que répugne à faire Machiavel. Il est à mon sens significatif qu’il ne juge de la République de Platon qu’en prenant en compte les propositions politiques et pas le reste (sur l’âme, le Beau, la Justice), puisque justement le projet de Platon trouve sa justification dans les théories que Machiavel juge accessoires ou de peu d’intérêt.