Et bien, j’en ai lu des bêtises sur ce
fil
reprenons :
je me moque des deux chroniqueurs, ce
n’est pas le sujet, ou plutôt indirectement (ils ont fait leur taf
et il l’on bien fait). Le sujet est la posture de Onfray.
Il a été invité pour s’expliquer
sur son entretien au figaro et sur la réaction de Joffrin au contenu
de cet entretien, c’est dit clairement dans le début de l’émission.
Donc, il s’agit bien de nous expliquer
en quoi l’interview a scandalisé Joffrin. Je rappelle qu’elle a été
plébiscitée par les lecteurs du figaro, et surtout il l’a trouvée
faisant le jeu du FN, donc l’émission n’a pas eu pour objet un
cour sur le concept abstrait du peuple en philosophie politique.
.
Onfray est un philosophe et un
intellectuel, donc il a un bagage que je ne remets pas au cause, et
je ne discute pas ses positions d’homme de gauche.
Il ne lui est donc pas difficile de
définir le peuple français selon l’acception marxiste de classe. En
deux mots, il l’aurait fait s’il le voulait (au lieu de nous parler
des étudiants), je rappelle qu’au début, certains disaient que
Onfray le définissait selon l’acception populiste. Ce n’est pas la
même chose, mais déjà, je note les contorsions de certains, bon
passons.
Revenons à la définition marxiste. Si
Onfray définit le peuple en fonction de la classe, alors, laquelle ?
Et celles qui n’est pas prolétaire,
qu’en fait-il ? Celle qui possède par exemple ses propres
moyens de production mais qui n’est pas prolétaire ni précaire et
pourtant sur laquelle s’exerce un pourvoir (le pouvoir des
prélèvements sociaux et des impôts entre autres ?) Il y a
également un pan de la population qui n’est pas prolétaire, et qui
ne rentre pas dans la classe du peuple selon la définition classique
marxiste mais qui subit l’exercice du pouvoir, et qui se trouve elle
aussi flouée, pas financièrement ou économiquement (à discuter),
et ce n’est pas rien quand il a parlé dans l’interview d’un peuple
au centre « mais pas au détriment du centre devenu
marge »
le peuple classe
prolétaire est du passé, les lignes sont brouillées aujurd’huis (en plus le libéralisme économique et le capital ont fait une opa sur les outils de la pensée socialiste pour mieux asservir l’individu et Onfray le sait très bien et c’est en cela sont malaise), et
on ne peut pas parler de classe prolétaire, parce qu’il y a des
masses qui ne sont pas prolétaires ( par exemple les plus de 5
millions de chômeurs) en tout cas plus selon les conditions du
XVIII, elle est juste chômeuse
par exemple, donc mise au ban de l’activité salariale, elle ne peut plus postuler pour le salariat, elle est hors jeux..., ajoutons
à cette masse, les précaires, les smicards etc...c’est quoi la
conscience
de ces classes... parce qu’une classe, elle doit avoir une
conscience de son existence de sa solidarité, de ses intérêts. Et face
à qui elle doit lutter ? Comment définir la conscience de ces classes, de ces masses
hétéroclites et disparates ? Et je peux détailler d’autres
catégories économiques ou sociales, est-ce que pour Onfray un
patron de PME (ou encrore un médecin, un ingénieur, un fonctionnaire etc) ne
fait pas partie du peuple par ce qu’il ne fait pas partie de la
classe prolétaire comme il dit ? je ne pense pas que c’est ce qu’il a
laissé entendre dans le figaro... même si sa sensibilité de gauche
le pousse à parler plus des défavorisés que des bien lotis
je ne vais pas tout détailler, mais il
a fait volte face et a plus passé son temps à parler de BHL que de
reprendre ce qu’il a dit dans l’entretien au figaro « ...par
ces mouvements massifs de peuples qui fuient l’anarchie crée par
l’Occident chez eux, mouvements qui ne seront pas sans effets
historiques sur la civilisation judéo-chrétienne,
je ne vois rien à retrancher à ce que je disais à François-Xavier
Bellamy dans notre dialogue » et il disait le
24/03/2015 « Ni conservateur ni réactionnaire.
Contrairement à Alain Finkielkraut ou Éric Zemmour, je ne crois pas
que nous puissions restaurer l’école d’hier ni même que ce soit
souhaitable. Si je partage leur pessimisme concernant la destruction
de la civilisation occidentale par le néolibéralisme qui dicte sa
loi, je me distingue d’eux sur les solutions. On ne peut revenir en
arrière, sauf à entrer dans une logique de dictature où l’on
demanderait à un nouveau César de se couper totalement de l’Europe
et du monde en restaurant les frontières. Cela ne me paraît ni
possible ni souhaitable. La
vérité cruelle est que notre civilisation s’effondre.
Elle a duré 1 500 ans. C’est déjà beaucoup. Face à cela, je me
trouve dans une perspective spinoziste : ni rire ni pleurer, mais
comprendre. On ne peut pas arrêter la chute d’une falaise. »
s’il constate l’effondrement d’une civilisation, et il avoue être
sur le même constat que Zemmour, comment se fait-il qu’il s’accroche
encore aux outils des penseurs marxistes pour définir le peuple ?
Le peuple classe, dites-vous ? peuple classe qui a duré 1500 ans,
n’est-ce pas ? Soyons sérieux.
vous pouvez le nier et voir en lui
quelqu’un qui a mis ko les deux chroniqueurs, personnellement j’ai vu
le contraire, il a failli à son statut de philosophe. Un régis
Debray n’aurait pas fait une telle volte face...
et ce n’est pas que j’attends de lui
qu’il pense comme moi, ou qu’il définisse le peuple comme je le
souhaite, mais au moins, maintenir ce qu’il a dit au figaro (ce n’est
pas la même audience) ça aurait eu plus de gueule...
comme un Attali, un peuple c’est comme
les clients d’un hôtel, le peuple chez Onfray ce sont des jeunes qui
rêvent, un jeune qui livre des pizzas pour payer des études, donc
il a l’espoir de s’en sortir, et une étudiante qui se prostitue pour
payer des études et sa chambre d’étudiante, rêvant aussi d’un
avenir radieux qui lui fera oublier ses passes, mais ces deux
exemples que nous donne Onfray, ont-ils la conscience d’appartenir à
la même classe, ou peuple-classe ? J’en suis moins sûre. Les
deux ne chercheront jamais à se définir comme livreur de pizza et
prostituée toute leur vie, aucun d’eux ne demandera à ce que sa
situation soit améliorée en gagnant plus en livrant des pizza et en
se prostituant... contrairement aux prolétaires, qui sans renier
leur condition de travailleurs réclamèrent des conditions de
travail appropriées et un juste salaire, voire même s’approprier
l’outil de production, c’est quoi l’outil de production d’une
prostituée, la passe, le client ? Et c’est quoi l’outil de
production du livreur de pizza, la moto, la pizza, la pizzeria
franchisée ?
Onfray a fait le service minimum, mais il a bien assuré le show, la preuve, c’est que la majorité s’extasie du ko des deux chroniqueurs