Je réponds à quelques uns ... perso, encore une fois, toutes ces questions qu’ils se posent sur la preuve de l’existence de Dieu, je me les suis posé il y a longtemps et, d’athée, je m’étais dis que Dieu existe, ça m’avait cependant pris des années d’études de la vie, dans le réel.
.
*
Contrairement
à ce que pensent beaucoup de gens, l’Eglise affirme que l’homme, guidé
par la lumière naturelle de la raison, peut arriver à une certaine
connaissance des vérités ultimes de l’existence. Ainsi, dans sa dernière
Encyclique Fides et Ratio, la Pape Jean-Paul II exhortait les philosophes à ne pas succomber au pessimisme ambiant : « C’est
Dieu qui a mis au cœur de l’homme le désir de connaître la vérité et,
au terme, de Le connaître lui-même afin que, Le connaissant et L’aimant,
il puisse atteindre la pleine vérité sur lui-même » FIDES ET RATIO §1.
Entendons
nous bien, il ne s’agit de prouver que Dieu existe à partir de la
Bible. La Révélation n’est d’ailleurs pas objet de démonstration, mais
de manifester que l’intelligence peut, toute seule, prouver l’existence
d’une cause ultime de l’être, du mouvement et de la perfection de
l’univers.
Est-ce une preuve scientifique ? Non, car pour cela, il faudrait parvenir à une « connaissance certaine par les causes ».
Cela est bien sûr impossible, car Dieu est le seul être incréé, cause
de Lui-même. Il y a cependant une autre façon d’obtenir une vérité,
certes moins parfaite, mais tout aussi valide. Il s’agit d’une connaissance par l’effet. Cette démonstration ne peut pas parvenir à nous dire pourquoi la conclusion est vraie, mais elle peut néanmoins affirmer avec certitude qu’elle est vraie.
Ces
preuves n’empiètent-elles pas sur la foi ? Non, car la foi ne consiste
pas à croire en l’existence nécessaire d’un premier moteur, mais en une
adhésion personnelle et pleine de confiance à toute la révélation
achevée spécialement en Jésus Christ. Il ne s’agit pas d’une
connaissance théorique mais d’un acte de totale soumission motivé par
l’amour de Dieu et des vérités qu’il nous a révélés. En outre, la Bible
ne dit nulle part que l’homme est incapable de découvrir, à la lumière
de sa raison naturelle, une certaine connaissance de Dieu et de ses
qualités. Au contraire, Saint Paul affirme « Depuis la Création du
monde, nous pouvons contempler ses perfections invisibles avec notre
intelligence dans les oeuvres qu’il a accompli, comme son éternelle
puissance et divinité. » Rm 1.20
Parmi les plus fameux
philosophes qui ont proposé des preuves de l’existence de Dieu, on peut
citer Aristote, St Augustin, Boèce, St Anselme de Canterbury, Hugo de
Saint Victor, Avicennes, Maïmonides, Guillaume d’Auvergne, Alexandre de
Hales, St Bonaventure, St Albert le Grand, St Thomas d’Aquin, Duns
Scott... et même Descartes !
Saint Thomas d’Aquin a résumé toutes les preuves de l’existence de Dieu en cinq grandes voies (Somme Théologique Ia pars, q. 2, a. 2 et 3).
Toutes les autres preuves valides peuvent être réduites à l’une de ces
voies. Contrairement à de nombreux autres philosophes, St Thomas semble
n’accorder aucun crédit aux preuves qui procèdent à partir d’arguments
« subjectifs » (ou psychologiques). Voici, d’une façon très résumée,
l’argument central de chacune de ses preuves :
Le
simple fait que les choses (l’univers, le monde, tout ce qui contient
de la matière) sont en mouvement, nous renvoit à la nécessité d’un
« premier moteur », c’est-à-dire une première cause de mouvement.
Pourquoi ? Parce que tout ce qui est mû, est mû par autre chose. Or,
toute série de causes dépend nécessairement d’une première cause. Il y a
donc nécessairement un premier moteur qui n’est pas mû.
Rien
ne peut être cause de soi-même, parce que pour l’être, il faudrait
qu’il ait existé avant lui-même. Ce qui est absurde. Il faut donc
remonter à l’infini les causes efficientes. Mais s’il n’y avait pas de
première cause efficiente, il n’y aurait pas non plus de dernier effet
et encore moins de causes efficientes intermédiaires. Or, on voit bien
que dans la nature, il y a un ordre de causes efficientes. Il faut donc
qu’il y ait aussi une première cause efficiente.
Si on considère vrai que : Tous les êtres peuvent ne pas exister. Sachant que rien de ce qui peut ne pas exister ne peut durer éternellement, c’est-à-dire que tout ce qui peut ne pas exister, à un certain moment, n’existait pas. On doit en déduire que TOUS les êtres, à un certain moment, n’existaient pas.
Mais s’ils n’existaient à un certain moment, alors il ne devrait rien
exister maintenant ! Ce qui est absurde. Il faut donc que la première
prémisse soit fausse : Il y a donc (au moins) un être dont l’existence
est nécessaire.
L’imparfait
renvoit en effet toujours à quelque chose qui est plus parfait. Or, il y
a des choses moins parfaites, moins vraies, moins bonnes - et qui ont
donc moins d’être - que d’autres. Ces degrés de perfection impliquent
nécessairement l’existence d’un « maximum ». Or, puisque ce qu’il y a de
mieux dans un genre doit être la cause de tout ce qu’il y a dans le
genre, (par exemple : ce qu’il y a de parfait dans la bonté doit être la
cause de la bonté que l’on trouve dans toutes les choses). Il faut donc
conclure qu’il doit y avoir quelque chose qui est cause des êtres et de
toutes leurs perfections.
Tout
ce qui est ordonné vers une fin suppose un esprit. Or toutes les choses
naturelles sont ordonnées vers une fin. Il doit donc il y avoir un
esprit par lequel les être naturels sont ordonnées vers une fin.
Il
est certain qu’on peut être un peu « déboussolé » par ce type de
raisonnements quand on n’est pas habitué à l’argumentation
philosophique. Cela signifie peut-être tout simplement qu’il faut
habituer l’intelligence à manier des concepts qui ne sont pas
mathématiques pour arriver à une intelligence philosophique et
spirituelle.