Je reproduis en outre un article que j’ai publié sur Boulevard Voltaire l’an dernier. Il est assorti à ma vidéo.
Ça promènera Medialter pour l’après-midi. Il s’emmerde là où il est.
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Constat sans appel : de plus en plus de gens ont l’impression que
leur vie est régentée par une oligarchie qui, peu à peu, met en
application un projet de société ourdi à leur insu. Ne pouvant faire
confiance aux médias dits mainstream, auxquels qualité et probité font
désormais défaut, les plus volontaires investissent massivement le Net
et ses relais pour se convaincre d’un autre son de cloche et partager
leur désillusion. On commence alors à parler d’« ingénierie sociale »
pour qualifier une emprise refusant de dire son nom. Dans les hautes
sphères, en attendant un arsenal juridique adéquat à opposer à la «
dissidence » qualifiée de paranoïaque, on aura tendance à n’y voir
qu’une nébuleuse accro des complots. En quelques lignes, j’aimerais
aider à éclaircir un point.
En matière d’ingénierie sociale,
l’actualité ne tarit plus d’exemples. Du faux référendum de 2005 (dix
ans déjà !) au traité transatlantique, en passant par le « genrisme »,
la gestation pour autrui, l’uniformisation scolaire ou la loi sur le
renseignement, les partis accrédités (UMPS, Verts et centristes) sont
sur tous les fronts. Tantôt seront mis en avant des promoteurs, tantôt
des objecteurs de commande. Le côté théâtral est à ce point manifeste
qu’il renforce le sentiment de manipulation. Et la colère monte.
Mais il y a une autre facette du problème, tout aussi snobée par les
nantis bien en vue et les petites mains du système, mais plus difficile à
entendre de la part du grand nombre indistinct. Pour y avoir accès, il
faut croiser la lecture du "Discours de la servitude volontaire"
d’Étienne de La Boétie avec celle de "Propaganda" d’Edward Bernays. De
fait, lorsque la fabrique du consentement rencontre le conformisme
résolu, le gros du travail est fait. La tyrannie douce s’insinue et
seule une crise du confort marchand sur laquelle elle s’appuie peut la
mettre au jour. C’est précisément ce que nous éprouvons depuis
maintenant quelques années, et c’est un mal pour un bien. À condition
d’assumer le rôle que nous tenons quotidiennement dans un ordre marchand
à vocation apolitique.
« La vapeur qui fait tourner la machine
sociale, ce sont les désirs humains. Ce n’est qu’en s’attachant à les
sonder que le propagandiste parviendra à contrôler ce vaste mécanisme
aux pièces mal emboîtées que forme la société moderne. » Ce sont les
mots d’Edward Bernays en 1928, peu avant la grande crise économique qui
débouchera sur un conflit mondial. Et au sortir de ce conflit, la
société bernaysienne entrera en action dans les pays occidentaux. Pour
le grand bonheur des masses usées par la guerre durant au moins trente
années « glorieuses ».
La toute-puissance marchande, aussi bien
dans sa dimension macroéconomique (TAFTA) que microéconomique (GPA), se
nourrit d’une mentalité d’ayants droit qui, dans le même temps, la
déplore et s’en remet entièrement à elle. Il y a bel et bien un projet
de société à l’œuvre et une oligarchie aux manettes, mais ce sont aussi
les symptômes de nos modes de vie.